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Description de la randonnée |
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Départ : |
Sortie de Ribeauvillé en direction de Ste Marie aux Mines, en face de l'usine Beauvillé. |
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| Caractéristiques : |
Distance : 7 km Dénivelé : 500 m Restauration : Repas tiré du sac Carte IGN : 3717 OT |
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| Remarques : |
Belle petite randonnée pour visiter les châteaux de Ribeauvillé et le monastère de Dusenbach perdu dans la forêt. Beau panorama sur Ribeauvillé et les villages du vignoble : Hunawihr, Zellenberg, Bergheim. La montée est parfois un peu raide mais le retour par le sentier Maria Raydt est très agréable. |
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Se diriger vers le Lycée pour rejoindre le GR (rectangle rouge) qui serpente à travers les vignes pour rejoindre le Saint Ulrich. Après avoir visité cette magnifique ruine, rejoindre le Girsberg d'où l'on a la plus belle vue sur St Ulrich. Retourner à Saint Ulrich et par le GR monter au Haut Ribeaupierre (rectanle rouge). Redescendre par le sentier qui permet de rejoindre le chemin qui mène à Dusenbach (croix jaune) en passant par le Kahlfelsen. Descendre sur Dusenbach par le sentier (croix jaune) ou par le chemin. Après la visite du monastère, monter sur le sentier Maria Raydt (ancien sentier des pélerins, triangle bleu) qui permet de rejoindre le point de départ.
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Les Châteaux de Ribeauvillé
"C'étaient de puissants seigneurs, ces Ribeaupierre, et leur nom se trouve mêlé à tous les souvenirs de l'Alsace. On les voit, à la croisade près de Godefroi de Bouillon, s'allier par mariage aux empereurs d'Allemagne, prendre parti pour le roi de France dans la guerre des Anglais, accompagner Charles Quint en Italie, etc C'est à eux qu'appartenaient les trois châteaux dont les ruines, placées sur des montagnes abruptes, encadrent si majestueusement le vallon étroit de Ribeauvillé.
Le premier, celui dont les tours semblent une menace en même temps qu'une protection pour la ville, est le château de Saint-Ulric, connu aussi sous le nom de grande forteresse de Ribeaupierre. En 1431, René d'Anjou, duc de Lorraine, attaqué dans ses Etats par Antoine de Vaudémont, demanda le secours de la noblesse alsacienne, et Ulric de Ribeaupierre partit avec ses vassaux. Mais il périt dans la mêlée et sa famille éleva une chapelle commémorative sous l'invocation de saint Ulric ; de là est venu la dénomination du château.
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En face de Saint-Ulric, et sur un pic abrupt, se dresse le château de Gisbert. Ils sont très rapprochés l'un de l'autre et le ravin profond qui les sépare est tellement étroit, qu'une flèche pouvait, selon la tradition, être lancée d'un château à l'autre. Malgré sa position formidable, il a pourtant été pris ; car les Gisbert, qui le tenaient en fief des Ribeaupierre , tentèrent un jour de se révolter, et Maximin de Ribeaupierre, étant monté la nuit à l'assaut, pénétra dans la citadelle, et tua de sa main le vassal infidèle.
Sur une montagne plus élevée et dominant complètement les deux autres, le Château de Rappolstein montre au loin son donjon et ses tours à demi écroulées. Celui-ci était la véritable demeure et citadelle des Ribeaupierre, dont les autres châteaux du voisinage ne sont que les annexes. Un sentier très raide y conduit en contournant la montagne, car du côté qui regarde le Rhin, le roc où s'élèvent les premières terrasses forme une muraille à pic tout à fait inaccessible."
Musée Universel - Journal illustré des familles : 1876
Blason des Ribeaupierre
La légende de Ribeaupierre
"En suivant la chaîne des Vosges pendant quelques lieues, par un chemin enchanté, on arrive à Ribeauvillé, petite ville, berceau de la famille de Ribeaupierre, d'une illustration si ancienne et si brillante dans toute l'Alsace, qu'on ne saurait rien lui comparer. il n'en reste plus, depuis longtemps, un seul rejeton en France. La dernière branche a émigré en Russie, où elle tient à la cour un rang distingué.
Au-dessus de la ville, dans la position la plus étrange, sont les trois châteaux du même nom, sur trois pointes de rochers ; l'une d'elles est devenue inacessible ; les deux autres annoncent l'importance de ces forteresses.
Il y a bien des siècles, ils furent construits par trois frères, qui, ne voulant pas se séparer et ne pouvant habiter tous le même manoir à cause de leurs suites nombreuses et de leurs grandes richesses, convinrent d'élever chacun un manoir à leurs frais.
L'aîné choisit la plus haute position, le plus jeune s'empara de cette pointe presque inabordable, le cadet se plaça au milieu. Une affection sans bornes unissait particulièrement ces derniers l'un à l'autre. Ils se quittaient peu ; leurs chagrins et leurs plaisirs étaient communs et rien ne semblait plus touchant que cette union fraternelle.
Pour ne pas s'envoyer sans cesse des messagers, ils inventèrent une sorte de télégraphe pour s'avertir l'un l'autre et tiraient un flèche par la fenêtre. Un matin, l'idée d'aller à la messe leur vint presqu'en même temps. Ils s'avancèrent vers la croisée. Au moment ou le plus jeune ouvrait le châssis de plomb, son frère lança son trait. Trop bien dirigé, il atteignit le malheureux au coeur et le tua. Je vous laisse à penser qu'elle fut la douleur du meurtrier.
Il légua tout ce qu'il possédait à son aîné et partit pour la terre-Sainte ; on n'en entendit plus parler. Le seul des trois frères si unis qui survécut, Ulric de Ribeaupierre, défendit qu'on ouvrit les manoirs inférieurs. Il les laissa tomber en ruines, en expiation du crime qui y avait été commis. "
Comtesse Dash : Mémoires des autres 1895
Le Monastère de Dusenbach
..."Un homme habitait ces lieux déjà, quant à son retour de Constantinople, Egenolphe de Ribeaupierre y porta une image miraculeuse de la vierge, et lui bâtit une chapelle. Anselme le téméraire y en ajouta une encore, en actions de grâce d'un bienfait : un jour il était à la poursuite d'un cerf ; l'animal franchit le précipice qui sépare deux roches ; Anselme n'avait pu retenir sa course, il tombe ou plutôt il s'élance au fond de l'abîme et ne se fait aucun mal. On montre encore le lieu où s'accomplit le miracle ; il porte le nom de Hirtzsprung (saut du cerf). Dusenbach a souvent été ravagé : d'abord il le fut par des aventuriers connus sous le nom de Compagnons, soldats licenciés du roi d'Angleterre, quand le roi Jean fut tombé au pouvoir du prince noir. Les dévastations auxquelles l'insouciance de l'empereur Charles IV abandonna l'Alsace, après la paix de Brettigny, furent telles que le vénérable évêque de Strasbourg, Jean de Lichtenberg, en mourut de chagrin. Au 17ème siècle Dusenbach fut détruit par les suédois de Gustave Horn ; mais toujours il se relevait, jusqu'à ce qu'enfin la révolution ait confondu dans le lit du ruisseau, les antiques débris de la chapelle primitive et les ogives brisées d'Anselme, et les constructions plus récentes qu'y avait ajoutées la prière."
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Statistiques Générales du Département du Haut-Rhin mis en ordre par Achille Penot 1831
La confrérie Maria Raydt
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"Une autre confrérie existe depuis une longue suite de siècles dans l'église paroissiale de Ribeauvillé, sous le nom de Maria Reith ou Reite (Marie du secours ou de l'assistance). Elle se rattachait originairement au pélérinage de Dusenbach ; elle naquit et se développa avec ce sanctuaire pour lequel elle avait une dévotion particulière ; ses membres s'y rendaient en procession solennelle aux fêtes principales de la Mère de Dieu.
Cette confrérie, ainsi que l'indique son nom, était une de ces associations d'assistance mutuelle établies en une foule de lieux pendant le moyen âge, et qui, conformément à l'esprit religieux de l'époque, étaient constituées non seulement en qualité de sociétés de secours pour les besoins de la vie, mais encore pour venir en aide aux confrères défunts par des prières et de bonnes oeuvres.
La confrérie de Ribeauvillé, placée sous le patronage spécial de l'avocate du genre humain, avait adopté le jour de la glorieuse Assomption de Marie comme fête principale. Son origine se perd dans la nuit des temps ; la tradition locale la fait remonter , nous le répétons, à l'époque de la fondation de Dusenbach, et un document original, conservé à Ribeauvillé, atteste sa haute antiquité. C'est un acte daté du 9 mars 1392, et par lequel, Henri Decker, bourgeois de la ville haute, auquel la confrérie avait fait une avance de fonds, lui constitue une rente perpétuelle sur sa maison. La pièce est munie du sceau de Conrad de Hunewhir, prévôt des villes hautes, pour le comte Henri de Sarwerd, époux de Herzelande de Ribeaupierre"
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Culte et Pélérinages de la Très Sainte Vierge en Alsace : Vicomte de Bussière : 1862
La beauté fatale de Cunégonde
"Entre Rimbach-Zell et Guebweiler, en pleine forêt, s'élevait jadis sur une hauteur, le château fort de Hungerstein, que les chevaliers possédaient comme fief de l'abbaye de Murbach. Guillaume de Hungerstein fut le dernier du nom, déjà éteint au XIIème siècle, après la mort de sa première époouse dont il n'avait pas eu d'enfants, il se remaria, quoique déjà assez avancé en âge, avec Cunégonde Giel de Gielsberg, dont la famille s'est éteinte au XVIème siècle seulement.
Cunégonde était, d'après l'almanach, très jeune, et belle plus que toute autre femme du pays. Elle avait l'âme insolente et libidineuse, elle fut infidèle à son vieux mari et dissipa son bien. Elle était soutenue par ses parents et son frère Wernher de Gielsberg, prenait ouvertement le parti de sa soeur contre son beau-frère qu'il poussait à la ruine.
Effrayé, le vieillard demanda l'aide du puissant comte Guillaume de Rappolstein, gouverneur et lieutenant général de la Haute-Alsace dans le Sundgau... Le gouverneur s'occupa du chevalier, pris des arrangements pour le libérer de ses dettes, fixant le revenu du couple en céréales, vin et argent. Il ne resta à l'époux, pour tout domestique, qu'un valet et un écuyer ; à la femme, qu'une servante et une cuisinière.
Cunégonde fut remplie de rage en voyant cet amoindrissement de son train de maison, naguère si brillant. Respirant la vengeance, elle gagna les deux valets et jura la perte et la mort de son époux.
Par une étonnante journée d'été, celui-ci prenait le frais sous les vertes frondaisons du château, quand ses deux serviteurs félons l'abordèrent insolemment, lui demandèrent de choisir entre deux partis. Ou il devait périr de leurs mains, ou partir en pélérinage à Jérusalem. Dans ce cas, il devait écrire sur un parchemin scellé de ses armes, qu'il partait pour se faire pardonner ses péchés et qu'il leur confiait son épouse.
Le malheureux résista en vain. Il dut céder. A peine eut-il signé et scellé l'écrit, que les deux misérables l'étranglèrent avec une corde que Cunégonde elle-même avait apportée. Les assassins emportèrent le cadavre dans la forêt, la nuit venue et le jetèrent dans une caverne qu'ils remplirent de mousse et de branchages.
Le lendemain Cunégonde qui dissimulait mal sa joie, ouvrit le pli cacheté et en fit part aux parents de son époux.
Seul Guillaume de Rappolstein eut des soupçons, accrus par le fait que les valets du chevalier d'Hungerstein furent vus, revêtus d'habits de leur maître ; et parce que Cunégonde reprit de plus belle sa vie de libertinage.
Il rassembla le conseil de nobles, pour élucider l'affaire et fit arrêter un des valets qui savaient tout. On trouva le cadavre qui fut enterré en grande pompe à Guebweiler.
On jugea l'épouse infidèle comme meurtrière et voleuse et on la condamna à être cousue dans un sac et noyée.
Un noble, dont la chronique tait le nom pour l'honneur de la famille et qui avait sa part aux bonnes grâces de Cunégonde, donna douze écus d'or au bourreau pour ne pas la faire périr. Le bourreau consentit, il lui fit perdre connaissance en la liant fortement dans le sac et la jeta ainsi à l'eau, mais il la fit aborder sur l'autre rive où l'attendait son sauveur. Elle revint bientôt à elle ...
Elle dut se cacher trois ans en Suisse, dans un château. Le gouverneur de la Haute Alsace apprit sa retraite, la fit chercher et enfermer dans une tour du château du Haut-Rappolstein. Cette femme artificieuse sut gagner en 1507 le geôlier Philippe de Bucherach et s'échappa au moyen d'une échelle. Arrêtée de nouveau et ramenée dans son cachot, elle y vécut encore vingt ans.
Guillaume de Rappolstein considérait sa beauté comme tellement dangereuse qu'il défendit à ses fils d'approcher de la tour de peur qu'ils ne fussent ensorcelés. "En effet" dit le chroniqueur, "elle était d'une telle beauté que quiconque la voyait tombait éperdument amoureux de cette nouvelle Vénus"."
Revue des traditions populaires 16ème année : 1901 : essais en prose de Pfeffel tiré de l'almanach manuscrit de la maison des comtes de Rappolstein.