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| Description de la randonnée | ||
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Départ : |
Chapelle du Taennelkreuz située près de A Chatenois prendre la direction Scherrviller et au tournant aller tout droit sur la petite route qui conduit à la chapelle du Taennelkreuz. |
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| Caractéristiques: |
Distance : 13 km Dénivelé : 550 m Restauration : Dambach la Ville à l'Arbre Vert (03 88 41 92 01) Carte IGN : 3717 ET |
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| Remarques : |
Plus qu'une simple promenade, c'est une immersion dans le passé de l'Alsace ; des ruines de l'Ortenbourg , donjon majestueux qui protège l'entrée de la vallée de Sainte Marie aux Mines à celles du Bernstein. Découverte de l'insolite Chapelle St Sebastien de Dambach et du mystérieux Rocher des Celtes. |
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Emprunter le sentier en direction de l'Ortenbourg qui rejoint le
sentier (croix bleu).
carrefour Kriegshurst et le chateau du Bernstein.
Saint Sébastien et de la ville de Dambach.
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Dambach
"Petite ville située à 1 l. 1/2 de Schlestadt Pop. 330 hab.
Cette ville s'est formée, en 1340, de la réunion des deux villages Oberkirch et Altenwiller. En 1444, elle dut soutenir, pendant trois jours, une attaque des Armagnacs, dont le chef, le dauphin Louis, fut blessé au genou par une flèche. Elle fut obligée de capituler, et la plupart des habitants l'abandonnèrent. L'évêque Berthold, seigneur de Dambach, pour la préserver de l'incendie, fit présent au dauphin de deux beaux chevaux. En 1642, les Suédois y furent assiégés par le duc de Lorraine, qui fut contraint de se retirer au bout de quatre jours.
Sur une montagne au-dessus de la ville, on voit les ruines du château de Bernstein. Outre les appartements il y avait trois tours, dans la plus élevée desquelles on enfermait d'ordinaire les prisonniers. Une seule est encore debout ; elle est carrée et double en profondeur ; on monte à son sommet par un escalier de bois fort étroit, assujetti à une des ses faces extérieures ; il est couronné par un énorme sapin. L'évêque Berthold tint le château en état de siège presque un mois entier. Neuf ans après, Frédéric II en fit donation à l'église de Strasbourg. A l'entrée de la forêt, en face du Château, on entend un écho qui répète très distinctement plusieurs mots entiers.
Dambach est une ville mal bâtie et mal pavée, où l'on remarque à peine quelques maisons passables. Elle est encore entourée de son ancien mur de fortification, et l'on y entre par trois portes. Les fossés, comme tous les environs, sont plantés de vignes. A l'entrée du chemin qui conduit au château, on trouve la chapelle Saint Sébastien, où l'on voit un autel en bois, curieux par la délicatesse de ses sculptures. Les ornements et les figurines qui le décorent sont d'un fini d'autant plus admirable, qu'on assure que cette oeuvre, haut d'environ quinze pieds, a été simplement taillée au couteau.
Tissage. Vinaigrerie."
Guide Pittoresque du Voyageur en France 1838
Autel de la chapelle Saint Sébastien
"Deux sculpteurs, Clemens et Philippe Winterhalter* ont créé l'autel avec l'aide du Maître menuisier Johannes Beyer.
Ils ont utilisé surtout du bois de tilleul, mais aussi du chêne et du poirier."
* né en 1667 à Kirchzarten, Bade, décédé en 1727.
Suivant notice visible dans la chapelle.
Bref historique de l'Ortenbourg
"Le château d'Ortemberg a joué un grand rôle dans l'histoire de la courte occupation de la Haute-Alsace par le duc de Bourgogne. Sa prise par l'intrépide et audacieux Pierre de Hagenbach, fut un coup de foudre qui porta l'effroi chez les chevaliers pillards qui infestaient le pays. Ils disparurent tant que règna ce gouverneur à la rude poigne et ne reparurent qu'après sa chute.
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Le château d'Ortemberg se dresse sur une hauteur escarpée, dominant le débouché des deux vallées de Villé et Sainte-Marie-aux-Mines. Il en garde une sortie tandis qu'en face de lui le château de Frankenbourg garde l'autre. Située à une lieue environ de Schlestadt, Ortemberg est l'une des plus anciennes forteresses féodales de notre pays. Elle était jadis le chef-lieu d'une seigneurie qui ne prit que plus tard le nom de seigneurie de Villé. On ne sait rien de bien certain sur son origine, malgré l'affirmation de Schoepflin qui en attribue la fondantion, vers l'an 1000, à un Werner d'Ortemberg. Ses possessions varièrent fréquemment jusqu'à ce qu'il passa aux mains des Habsbourg, qui, à leur tour le vendirent à la famille patricienne des Mullenheim de Strasbourg, avec la plus grande partie de la seigneurie. Ce sont eux qui en étaient les possesseurs principaux, quand Charles le Téméraire succéda aux Habsbourg en Alsace.
Tout ce territoire, dont nous venons d'esquisser à grands traits l'histoire, était dominé par le fort château d'Ortemberg, dont le donjon est encore visible à plusieurs lieues à la ronde. Il se dresse sur un grand rocher granitique, inaccessible de tous côtés, sauf vers le nord. C'est là que se trouvait au XVe siècle, et que se trouve encore aujourd'hui, l'entrée principale du château."
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Charles Nerlinger : La seigneurie et le château d'Ortemberg 1894
Photo : Eric Boës (INRAP) : tête momifiée dite de Pierre de Hagenbach : Musée Unterlinden Colmar.
La bataille de Scherwiller, un épisode de la guerre des rustauds.
"Quelques années déjà avant les troubles religieux, un souffle révolutionnaire embrasait toute l'Allemagne ; le foyer ardent de la guerre des hussites l'avait éclairé d'un feu lugubre, et partout le sol germanique tremblait sous les secousses violentes des conspirations et des sociétés secrètes.
Une de ces sociétés secrètes, qui embrasa la Suisse, l'Alsace et les contrées de la Forêt Noire, était connue sous le nom de "Bundschuh" (soulier fédératif). Dans ce temps de servitude et d'oppression, il était défendu aux paysans et hommes liges de porter bottes et brodequins ; le soulier était leur chaussure exclusive. Ce signe de servitude devint leur bannière d'affranchissement. Un grand soulier, peint ou brodé dans un drapeau rouge, leur servait de point de ralliement. Bientôt le cri de Bundschuh fut leur unique cri de guerre et la terreur des gouvernements aristocratiques."
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"Durant le pillage de Saverne, le duc avait reçu la nouvelle que six mille paysans s'approchaient du côté de Bouxwiller. Ayant appris, par la bouche d'Erasme*, qu'ils seraient bientôt soixante mille, et commençant du reste à sentir l'odieux de son rôle**, car il avait plutôt l'air d'un chef de brigands que d'un général, il résolut de rebrousser chemin et de retourner par le Leberthal, lorsque arrivé à Stockheim, il apprit que dix mille paysans s'étaient avancés jusqu'à Scherwiller pour lui couper la retraite dans les Vosges. En effet, les paysans de la haute et de la basse Alsace ayant appris les massacres de Saverne, avaient résolu de se venger et de mourir plutôt que de laisser rentrer dans son nid ce tigre sanguinaire.
Ils se rassemblèrent donc près de Scherwiller au nombre de dix mille, tout près du Landgraben (fossé d'une largeur de 20 pieds sur une profendeur de 24). Il fut résolu de ne pas dépasser le Landgraben et de s'en servir comme premier rempart. C'était là le lieu de rendez-vous entre les paysans venant du côté de Strasbourg et ceux arrivant du château de Keysersberg. Mais les bas Alsaciens, ne trouvant pas d'ennemis lors de leur arrivée, avancèrent jusqu'à Schelestadt, et dérangèrent tout d'abord le plan de bataille. Les paysans se rangèrent alors en ordre de bataille devant Scherwiller, appuyés contre le Willerthal et les flans protégés par les vignobles. L'ennemi, pour passer, était forcé de prendre d'abord d'assaut Scherwiller et de forcer le défilé entre deux montagnes plantées de vignes. Mais là, comme partout, les paysans devaient succomber par la trahison de leurs propres amis et chefs. Là, comme partout, des nobles ralliés, surtout des baillis de villes, se trouvaient dans leur camp en qualité d'espions et de traîtres. Ce fut le bailli de Reichenweyer qui, par une fausse alarme, engagea les paysans à quitter leur position et à avancer jusqu'à Kaestenholz, tandis que le détachement de droite avait déjà cerné l'armée de lorraine, qui n'avait aucune connaissance du terrain. A peine à Kaestenholz, le bailli prit la fuite ; on tira sur lui sans l'atteindre. Il était sept heures du soir lorsque la bataille s'engagea. Les lorrains profitèrent de la trahison du bailli et de la dislocation des paysans pour prendre Scherwiller d'assaut. Le village fut mis en feu pour servir de flambeau aux lansquenets du duc. Derrière le village se trouvait une horde de paysans qui se défendait avec rage. Deux assauts furent repoussés avec la baïonnette, car les douze fauconneaux des paysans étaient mal servis. Mais pendant les assauts près de Kaestenholz, les ducs, grâce à leur cavalerie, avaient tourné les montagnes et avaient fait irruption dans le camp des paysans en rompant le défilé étroit, si maladroitement abandonné par les paysans.
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Les paysans, au nombre de six mille, avaient à se défendre contre une armée de trente mille soldats qui les avaient cernés. Attaqués de tous les côtés, ils étaient debout sur une éminence ; les Italiens et les Albanais, couchés ou à genoux, tiraient de bas en haut sans presque être vus. Après un combat d'une heure, les paysans, couchés les uns sur les autres, les vivants sur les morts, n'avaient pas bougé d'un pouce, et l'armée lorraine comptait déjà près de trois mille morts. Enfin, les Lorrains, voyant le courage et la résolution des paysans allemands, sachant du reste que ces derniers, bien que réduits à mille hommes, étaient prêts à vendre chèrement leur vie, suspendirent le combat, et les mille braves, à l'abri de la nuit, purent se retirer dans une forêt."
* Erasme Gerber : commandant en chef des rustauds alsaciens.
** après la bataille de Saverne
L'étendard du "Bundschuh" : Petrarca : Trostspiegel 1539
Alexandre Weill : La Guerre des Paysans 1847
Le Kaesmarkt et la peste noire à Dambach-la-ville
"... Les temps qui suivirent (après 1348) ne furent ni plus pacifiques, ni moins désastreux : la peste envahit le pays ; elle sévit cruellement à Dambach. Les habitants ne pouvant s'approvisionner que dans le val de Villé, c'est sur le col qui y conduit que l'on allait chercher les vivres que les montagnards y apportaient sans oser s'avancer davantage dans la crainte de la contagion. Une croix indique la place de ce lieu d'échange qui porte encore aujourd'hui, en patois, le nom de Kaesmark* (marché au fromage)."
* Le carrefour Kaesmarkt est situé à proximité du château de Bernstein.
Bulletin de la Société pour la Conservation des Monuments Historiques d'Alsace 1858 : Notice sur le Château de Bernstein : Félix de Dartein