Ortenbourg - Bernstein

Taennelkreuz - Ortenbourg - Kriegshurst - Bernstein - Chapelle Saint Sébastien - Dambach la Ville - Rocher des Celtes - Taennelkreuz

Description de la randonnée
Départ 

Chapelle du Taennelkreuz située près

de Scherwiller.

A Chatenois prendre la direction

Scherrviller et au tournant aller

tout droit sur la petite route qui

conduit à la chapelle du Taennelkreuz.

Propriétés 

Distance : 13,5 km

Dénivelé : 500 m

Restauration : Dambach la Ville

à l'Arbre Vert

(03 88 41 92 01)

Carte IGN : 3717 ET

Remarques

Plus qu'une simple promenade, c'est

une immersion dans le passé de l'Alsace ;

des ruines de l'Ortenbourg , donjon

majestueux qui protège l'entrée de la

vallée de Sainte Marie aux Mines à celles

du Bernstein.

Découverte de l'insolite Chapelle St Sebastien

de Dambach et du mystérieux Rocher des

Celtes.

 

 

Emprunter le sentier en direction de l'Ortenbourg (croix bleu). La montée est un peu éprouvante.

Après l'Ortenbourg, suivre le GR5 (rectangle rouge) vers le

carrefour Kriegshurst et le chateau du Bernstein.

Descendre par le sentier (disque bleu) en direction de la chapelle

Saint Sébastien et de la ville de Dambach.

Par le chemin viticole, se diriger vers Dieffenthal et le rocher des Celtes.

Rejoindre la chapelle du Taennelkreuz à travers le vignoble.  

Ortenbourg Bernstein
Ortenbourg Bernstein.kml
Place de marché Google Earth 44.4 KB

La légende du Bernstein

"...Le seigneur de Bernstein, de ce château-fort au-dessus de la petite ville viticole de Dambach, partit à la croisade. Il confia ses biens et sa fille, âgée de quatorze ans, à un ami de ses voisins. Il se battit bravement en Terre Sainte, mais, blessé, fut fait prisonnier. Pendant de longues années il resta en captivité comme esclave.

 

Enfin, il put prendre la fuite et revint comme un pauvre pèlerin, démuni de tout, dans son pays natal. De loin, il vît sur la hauteur le château de Bernstein et s'en réjouit de tout coeur.

 

A Dambach, où personne ne le reconnut tellement il avait l'air vieilli et misérable, il entra dans une auberge et demanda à la servante un verre de vin. Quand il sortit ses derniers deniers, la jeune fille l'arrêta en disant : "Vous êtes un pauvre pèlerin qui revient de loin. Je ne peux pas accepter de l'argent de vous. Mon père, parti pour la croisade, serait sans doute heureux de trouver quelqu'un pour le secourir charitablement.

 

Le seigneur fondit en larmes et, malgré les traits creusés et le pauvre habillement, la fille reconnut son père et se jeta dans ses bras. Puis elle lui raconta ses malheurs : le seigneur qui aurait dû la protéger, l'avait dépouillée de tous ses biens, de sorte qu'elle avait dû se faire servante d'auberge.

 

Le seigneur de Bernstein réunit alors ses amis, de même que les paysans et viticulteurs de ses terres. Ils assiégèrent le château du baron-félon qui dut payer de sa vie le crime commis..."

 

Lieux et histoires secrètes d'Alsace : Lucien Sittler : 1980.

Dambach

"Petite ville située à 1 l. 1/2 de Schlestadt Pop. 330 hab.

Cette ville s'est formée, en 1340, de la réunion des deux villages Oberkirch et Altenwiller. En 1444, elle dut soutenir, pendant trois jours, une attaque des Armagnacs, dont le chef, le dauphin Louis, fut blessé au genou par une flèche.

 

Elle fut obligée de capituler, et la plupart des habitants l'abandonnèrent. L'évêque Berthold, seigneur de Dambach, pour la préserver de l'incendie, fit présent au dauphin de deux beaux chevaux. En 1642, les Suédois y furent assiégés par le duc de Lorraine, qui fut contraint de se retirer au bout de quatre jours.

 

Sur une montagne au-dessus de la ville, on voit les ruines du château de Bernstein. Outre les appartements il y avait trois tours, dans la plus élevée desquelles on enfermait d'ordinaire les prisonniers. Une seule est encore debout ; elle est carrée et double en profondeur ; on monte à son sommet par un escalier de bois fort étroit, assujetti à une des ses faces extérieures ; il est couronné par un énorme sapin.

 

L'évêque Berthold tint le château en état de siège presque un mois entier. Neuf ans après, Frédéric II en fit donation à l'église de Strasbourg. A l'entrée de la forêt, en face du Château, on entend un écho qui répète très distinctement plusieurs mots entiers.

 

Dambach est une ville mal bâtie et mal pavée, où l'on remarque à peine quelques maisons passables. Elle est encore entourée de son ancien mur de fortification, et l'on y entre par trois portes. Les fossés, comme tous les environs, sont plantés de vignes. A l'entrée du chemin qui conduit au château, on trouve la chapelle Saint Sébastien, où l'on voit un autel en bois, curieux par la délicatesse de ses sculptures.

 

Les ornements et les figurines qui le décorent sont d'un fini d'autant plus admirable, qu'on assure que cette oeuvre, haut d'environ quinze pieds, a été simplement taillée au couteau..."

 

Guide Pittoresque du Voyageur en France 1838

 

 

"Deux sculpteurs, Clemens et Philippe Winterhalter* ont créé l'autel avec l'aide du Maître menuisier Johannes Beyer.

Ils ont utilisé surtout du bois de tilleul, mais aussi du chêne et du poirier."

 

* né en 1667 à Kirchzarten, Bade, décédé en 1727.

Suivant notice visible dans la chapelle.

Reproduction : autel de la chapelle Saint Sébastien.

 

Bref historique de l'Ortenbourg

Le château d'Ortemberg a joué un grand rôle dans l'histoire de la courte occupation de la Haute-Alsace par le duc de Bourgogne. Sa prise par l'intrépide et audacieux Pierre de Hagenbach, fut un coup de foudre qui porta l'effroi chez les chevaliers pillards qui infestaient le pays. Ils disparurent tant que règna ce gouverneur à la rude poigne et ne reparurent qu'après sa chute.

...

Le château d'Ortemberg se dresse sur une hauteur escarpée, dominant le débouché des deux vallées de Villé et Sainte-Marie-aux-Mines. Il en garde une sortie tandis qu'en face de lui le château de Frankenbourg garde l'autre. Située à une lieue environ de Schlestadt, Ortemberg est l'une des plus anciennes forteresses féodales de notre pays. Elle était jadis le chef-lieu d'une seigneurie qui ne prit que plus tard le nom de seigneurie de Villé. On ne sait rien de bien certain sur son origine, malgré l'affirmation de Schoepflin qui en attribue la fondantion, vers l'an 1000, à un Werner d'Ortemberg. Ses possessions varièrent fréquemment jusqu'à ce qu'il passa aux mains des Habsbourg, qui, à leur tour le vendirent à la famille patricienne des Mullenheim de Strasbourg, avec la plus grande partie de la seigneurie. Ce sont eux qui en étaient les possesseurs principaux, quand Charles le Téméraire succéda aux Habsbourg en Alsace.

 

Tout ce territoire, dont nous venons d'esquisser à grands traits l'histoire, était dominé par le fort château d'Ortemberg, dont le donjon est encore visible à plusieurs lieues à la ronde. Il se dresse sur un grand rocher granitique, inaccessible de tous côtés, sauf vers le nord. C'est là que se trouvait au XVe siècle, et que se trouve encore aujourd'hui, l'entrée principale du château..."

 

Charles Nerlinger : La seigneurie et le château d'Ortemberg 1894

 

"...Sa tour, d'une forme pentagone à l'extérieur, est carrée à l'intérieur. Les murs ont plus de douze pieds d'épaisseur. Il résulte d'une charte de Frédéric 1er, que ce château a été construit en l'an 1000, par le comte Wernher d'Ortenberg, fondateur de l'abbaye de Honcourt.

 

L'Ortenbourg fut longtemps le chef-lieu des vingt deux villages et hameaux, disséminés dans la jolie vallée de Villé, autrefois appelée Albrechtsthal, du nom d'Albert de Hohenberg, qui donna cette seigneurie en dot à sa soeur Anne*, lorsqu'elle épousa Rodolphe de Habsbourg.

 

Au bas de l'Ortenbourg on rencontre les ruines du Ramstein. Ce manoir a été construit en 1292, par Otton d'Ochsenstein, pour tenir tête au château supérieur, à l'époque où ce seigneur fortifia

Scherweiler.

 

Assaillis, en 1429, par les Strasbourgeois, en guerre avec les nobles qui, devant le courroux populaire, s'étaient retirés de cette ville. Les murs de cette forteresse s'écroulèrent sous l'effort du bélier. Il n'en reste plus que les débris d'une tour construite en pierres communes.

 

* Gertrude de Hohenberg qui régna sous le nom de Anne de Habsbourg.

Notices historiques sur l'Alsace et principalement sur la ville de Schlestadt : A. Dorlan 1843.

 

"...C’est une ruine que Louis XIV récupère en 1681. Il remet le domaine en fief à Conrad Zurlauben et à ses héritiers mâles sous réserve du droit de réméré. En 1710, la ruine et le comté passent au comte de Meuse, Henri-Louis de Choiseul. En 1791, l’Ortenbourg devient propriété privée : il est acquis en 1806 par le baron Mathieu de Faviers qui y fait exécuter d'importants travaux de restauration. Les Faviers conservent la ruine jusqu'au XXe siècle, puis elle est acquise par la commune de Scherwiller..."

 

Canopé : Académie de Strasbourg : Marie Georges Brun.

Reproduction : Anne de Hohenberg : BNF.

La bataille de Scherwiller, un épisode de la guerre des rustauds.

"Quelques années déjà avant les troubles religieux, un souffle révolutionnaire embrasait toute l'Allemagne ; le foyer ardent de la guerre des hussites l'avait éclairé d'un feu lugubre, et partout le sol germanique tremblait sous les secousses violentes des conspirations et des sociétés secrètes.

 

Une de ces sociétés secrètes, qui embrasa la Suisse, l'Alsace et les contrées de la Forêt Noire, était connue sous le nom de "Bundschuh" (soulier fédératif). Dans ce temps de servitude et d'oppression, il était défendu aux paysans et hommes liges de porter bottes et brodequins ; le soulier était leur chaussure exclusive. Ce signe de servitude devint leur bannière d'affranchissement. Un grand soulier, peint ou brodé dans un drapeau rouge, leur servait de point de ralliement. Bientôt le cri de Bundschuh fut leur unique cri de guerre et la terreur des gouvernements aristocratiques."

....

 

"Durant le pillage de Saverne, le duc avait reçu la nouvelle que six mille paysans s'approchaient du côté de Bouxwiller. Ayant appris, par la bouche d'Erasme*, qu'ils seraient bientôt soixante mille, et commençant du reste à sentir l'odieux de son rôle**, car il avait plutôt l'air  d'un chef de brigands que d'un général, il résolut de rebrousser chemin et de retourner par le Leberthal, lorsque arrivé à Stockheim, il apprit que dix mille paysans s'étaient avancés jusqu'à Scherwiller pour lui couper la retraite dans les Vosges. En effet, les paysans de la haute et de la basse Alsace ayant appris les massacres de Saverne, avaient résolu de se venger et de mourir plutôt que de laisser rentrer dans son nid ce tigre sanguinaire.

 

Ils se rassemblèrent donc près de Scherwiller au nombre de dix mille, tout près du Landgraben (fossé d'une largeur de 20 pieds sur une profondeur de 24). Il fut résolu de ne pas dépasser le Landgraben et de s'en servir comme premier rempart. C'était là le lieu de rendez-vous entre les paysans venant du côté de Strasbourg et ceux arrivant du château de Keysersberg. Mais les bas Alsaciens, ne trouvant pas d'ennemis lors de leur arrivée, avancèrent jusqu'à Schelestadt, et dérangèrent tout d'abord le plan de bataille. Les paysans se rangèrent alors en ordre de bataille devant Scherwiller, appuyés contre le Willerthal et les flans protégés par les vignobles.

 

L'ennemi, pour passer, était forcé de prendre d'abord d'assaut Scherwiller et de forcer le défilé entre deux montagnes plantées de vignes. Mais là, comme partout,  les paysans devaient succomber par la trahison de leurs propres amis et chefs. Là, comme partout, des nobles ralliés, surtout des baillis de villes, se trouvaient dans leur camp en qualité d'espions et de traîtres.

 

Ce fut le bailli de Reichenweyer qui, par une fausse alarme, engagea les paysans à quitter leur position et à avancer jusqu'à Kaestenholz, tandis que le détachement de droite avait déjà cerné l'armée de lorraine, qui n'avait aucune connaissance du terrain. A peine à Kaestenholz, le bailli prit la fuite ; on tira sur lui sans l'atteindre. Il était sept heures du soir lorsque la bataille s'engagea. Les lorrains profitèrent de la trahison du bailli et de la dislocation des paysans pour prendre Scherwiller d'assaut. Le village fut mis en feu pour servir de flambeau aux lansquenets du duc.  Derrière le village se trouvait une horde de paysans qui se défendait avec rage.

 

Deux assauts furent repoussés avec la baïonnette, car les douze fauconneaux des paysans étaient mal servis. Mais pendant les assauts près de Kaestenholz, les ducs, grâce à leur cavalerie, avaient tourné les montagnes et avaient fait irruption dans le camp des paysans en rompant le défilé étroit, si maladroitement abandonné par les paysans.

...

Les paysans, au nombre de six mille, avaient à se défendre contre une armée de trente mille soldats qui les avaient cernés. Attaqués de tous les côtés, ils étaient debout sur une éminence ;  les Italiens et les Albanais, couchés ou à genoux, tiraient de bas en haut sans presque être vus. Après un combat d'une heure, les paysans, couchés les uns sur les autres, les vivants sur les morts, n'avaient pas bougé d'un pouce, et l'armée lorraine comptait déjà près de trois mille morts. Enfin, les Lorrains, voyant le courage et la résolution des paysans allemands, sachant du reste que ces derniers, bien que réduits à mille hommes, étaient prêts à vendre chèrement leur vie, suspendirent le combat, et les mille braves, à l'abri de la nuit, purent se retirer dans une forêt."

 

* Erasme Gerber : commandant en chef des rustauds alsaciens.

** après la bataille de Saverne 

 

Alexandre Weill : La Guerre des Paysans 1847.

L'étendard du "Bundschuh" : Petrarca : Trostspiegel 1539.

Le Kaesmarkt et la peste noire à Dambach-la-ville

"... Les temps qui suivirent (après 1348) ne furent ni plus pacifiques, ni moins désastreux : la peste envahit le pays ; elle sévit cruellement à Dambach. Les habitants ne pouvant s'approvisionner que dans le val de Villé, c'est sur le col qui y conduit que l'on allait chercher les vivres que les montagnards y apportaient sans oser s'avancer davantage dans la crainte de la contagion. Une croix indique la place de ce lieu d'échange qui porte encore aujourd'hui, en patois, le nom de Kaesmark* (marché au fromage)."

 

* Le carrefour Kaesmarkt est situé à proximité du château de Bernstein.

Bulletin de la Société pour la Conservation des Monuments Historiques d'Alsace 1858 : Notice sur le Château de Bernstein : Félix de Dartein.

 

 

Théophile Bader : de Dambach aux Galeries Lafayette

"… En 1864, à Dambach (Bas-Rhin), M. Bader vient au monde. Six ans plus tard c'est la guerre. Il passe en France avec sa famille. Ses études achevées, il entre comme petit commis dans le commerce. En 1894, avec son vieil ami M. Kahn, il fonde un tout petit magasin au coin de la rue Lafayette et de la rue de la Chaussée d'Antin. Mais il entend conduire ses affaires non pas d'après les vieilles méthodes, mais conformément à une conception alors toute nouvelle du commerce de luxe. Jusque là le magasin de luxe suit la mode, parfois même de très loin. Pour M. Bader il doit la précéder, la guider, la créer. Dans un magasin de nouveautés, le luxe ne sera plus l'accessoire mais en quelque sorte le principal.

 

Et c'est ainsi, qu'en quelques années le petit magasin d'angle de la rue de la Chaussée d'Antin passe de 300 000 francs d'affaires, résultat d'ailleurs splendides de la première année, à plusieurs millions puis au milliard qu'il réalise aujourd'hui. Quant au bâtiment, les vieux parisiens savent ce qu'il est devenu en quarante ans, occupant aujourd'hui presque tout un quartier, véritable palais de la mode, où des dizaines de milliers de clients se pressent chaque jour autour des somptueux comptoirs que desservent des centaines d'employés.

 

Mais M. Bader n'a pas borné là son activité. Pendant la guerre il dépense sans compter pour secourir les familles, les veuves, les orphelins de nos soldats : c'est lui qui organise ce formidable hôpital du Grand Palais. La paix signée il continue sa bienfaisante activité. Mécène éclairé, il fait réédifier à ses frais l'ancien hôtel de Massa pour la Société des Gens de Lettres..."

 

M. Théophile Bader Directeur des Galeries Lafayette à l'occasion de son accession à la distinction de Grand Officier de Légion d'Honneur : Jules Meulemans : Moniteur des consulats : 1879.

Photo J. Rosernan Paris.

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