Château de Ferrette et Grotte des Nains

Ferrette - Château inférieur - Château supérieur - Loechlenfelsen - Grotte des Nains - Ville Haute - Ferrette

 Description de la randonnée
Départ

Ferrette, parking de l'église.

Propriétés 

Distance : 4,5 km

Dénivelé : 250 m

Restauration : possibilités

de restauration à Ferrette.

Carte IGN : 3721 ET.

Remarques 

La randonnée est courte, mais il faut prendre

son temps pour laisser vagabonder son 

imaginaire.

Les ruines de Ferrette témoignent de l'épopée

prestigieuse des comtes Ferrette et le défilé

qui mène à la Grotte des Nains évoque

un passé légendaire et mystérieux.

Il est préférable de faire cette promenade

par temps sec car le sentier, caillouteux

par endroit, peut se révéler très glissant.

Un sentier passe derrière l'église et nous mène au château inférieur, puis au château supérieur.

Suivre le sentier (disque bleu) qui mène au Loechlenfelsen et à la grotte des nains.

Revenir sur Ferrette (disque bleu puis losange rouge). 

Château de Ferrette.kmz
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Le comté de Ferrette

" ...Le château de Ferrette* était le chef-lieu de tout le comté ; on lui a donné, sans preuve, pour fondateur Rapaton, qui bâti le château de Habsbourg en Argovie. Il est pour la première fois question de ce château en 1144. Comme il est situé sur une montagne qui appartient à la chaîne du Jura, on l'appelle quelquefois Hohen-Pfirt. Les empereurs Maximilien 1er et Maximilien II augmentèrent ses fortifications.

 

Au commencement de la période suédoise de la guerre de Trente-Ans, le feu détruisit la plus grande partie de cette place ; les remparts toutefois, les tours et les fossés furent épargnés, et, outre les bâtiments reconstruits depuis, on y voit l'ancienne chapelle de Ste Catherine, l'arsenal et un puits de 600 pieds taillé dans le roc.

 

Les accroissements que reçut le comté de Ferrette doivent le faire distinguer en ancien et en nouveau comté. L'ancien était dans le principe un aleu : il devint un fief que l'évêque de Bâle devait conférer d'abord aux mâles, ensuite aux femmes de la famille. Plus tard on le divisa en plusieurs préfectures ou dynasties (Ober-Vogteien) ; celles de Ferrette, d'Altkirch, de Thann, de Belfort, de Delle, de Rothenbourg, de Landser, de Masmunster et l'avouerie de Sennheim. Ces trois dernières possessions appartinrent de bonne heure à la maison d'Autriche.

 

La ville de Ferrette fut plus d'une fois désolée par la guerre ; indépendamment de l'incendie dont nous avons parlé, on cite cite celui dont les Bâlois furent les auteurs en 1545.

 

Le comté de Ferrette passa à la maison d'Autriche vers 1325, par le mariage du duc Albert II d'Autriche avec Jeanne, fille ainée du duc Ulric III, celui-ci étant mort sans enfants mâles. Le comté de Ferrette fut un instant engagé à Charles-le Téméraire, duc de Bourgogne, qui le fit administrer par le fameux Hagenbach. Il fut réuni à la France avec le reste de l'Alsace. Comme Baillage, il appartint à la famille de Mazarin... "

 

* Le château et son domaine, rachetés par l'industriel Jean Zuber, fondateur de la Manufacture des Papiers peints de Rixheim, ont été vendus en 2011 à la famille Zimmermann.

 

Encyclopédie des gens du monde : tome 10 : 1838.

Blason des comtes de Ferrette : de gueules aux deux bars adossés d'or.

 

De Monbéliard à Ferrette : histoire d'un héritage

"...Un partage d'héritage est à l'origine du comté de Ferrette. En 1102 le comte Thierry 1er de Monbéliard qui était un des riches princes laïcs dans les pays d'Empire situés à l'Ouest du Rhin tomba très gravement malade alors qu'il séjournait dans sa résidence d'Altkirch....Il mourut un 2 janvier, sans qu'on puisse préciser l'année, mais dans tous les cas avant le 8 mars 1105. Normalement Louis, son fils aîné, qui s'était illustré à la première Croisade...aurait dû lui succéder à Montbéliard. Mais il fut massacré par ses propres gens (1102).

 

Restaient heureusement d'autres fils car Thierry 1er en avait eu sept dont trois, parmi lesquels Louis, étaient morts jeunes et dont un, Etienne, était destiné à entrer dans le clergé. Les trois autres qui s'appelaient Frédéric, Renaud et Thierry pourraient un jour se consacrer aux affaires de ce monde, mais devaient encore être des adolescents...

 

Pendant vingt ans, Frédéric et Thierry gardent en commun le château, portant tous les deux le titre de comte de Montbéliard...

 

On n'avait pas l'esprit assez rationnel au Moyen-Age pour faire, en cas de partage, des lots parfaitement homogènes et distincts. Grosso Modo, la masse méridionale des possessions de Thierry 1er fut diviséen en deux parties :

  • l'occidentale, avec le château de Montbéliard, attribuée à Thierry
  • l'orientale, avec les châteaux d'Altkirch et de Ferrette, ainsi que la vallée supérieure de l'Allaine, au comte Frédéric.

La plupart des biens lorrains furent attribués au comte Renaud qui prit le titre de comte de Bar, vieille possession de la famille.

 

Ce n'est qu'en 1125 que le comte Frédéric abandonna Montbéliard pour s'installer définitivement au château de Ferrette..."

 

Histoire des comtes de Ferrette : Christian Wilsdorf 1991.

Reproduction : Ferrette et son château : d'après une aquarelle de A Kauw 1670.

 

Dernière promenade au château

" … Il y a deux mois, jour pour jour, je montais les degrés du château de Ferrette en compagnie d'un homme aussi noble par le cœur que puissant par l'intelligence. Miné par la fièvre, il était venu chercher dans le calme d'un asile champêtre, au sein d'une tendre intimité de famille, en face d'une nature resplendissante, le repos de la pensée.

 

Nous admirions ensemble ce splendide paysage que baignait un soleil radieux : c'était la nature toujours belle, toujours grandiose, parée de sa pompe de juillet, qui porte au cœur l'émotion religieuse et qui jamais ne rassassie le regard. Le front de cet homme était soucieux : un sombre pressentiment semblait l'effleurer. Une voix secrète lui disait-elle peut-être qu'il admirait pour la dernière fois la grande œuvre de Dieu, que le sourire de cette nature enchanteresse ne serait désormais plus pour lui ? En lui serrant la main au départ, j'étais loin de penser qu'il ne lirait plus ces modestes pages qu'il a en partie inspirées. Il y a deux jours, la tombe s'est refermée sur Jean Zuber : la mort a brisé dans sa sève cette activité fiévreuse.

 

Il n'en reste plus qu'un nom européen dans l'industrie, une mémoire vénérée de tous, mais surtout du pauvre. Il avait un cœur sur ses armoiries de famille, noble emblème que sa vie a justifié. C'est là son plus bel éloge. L'Alsace, aujourd'hui, possède une grande intelligence de moins, l'homme de cœur et de travail un bel exemple de plus. "

 

Esquisses historiques de l'ancien comté de Ferrette : Revue d'Alsace 1854 : Charles

Goutzwiller.

Buste de Jean Zuber : Rixheim, cour de la commanderie.

 

 

La chapelle de Warth à Winkel

" ...L'empereur Albert 1er, dont le règne fut de si courte durée, venait d'être assassiné en Suisse, dans les champs de Windish, par son neveu Jean de Souabe et quelques autres conjurés au nombre des quels figurait Rodolphe de Wart. Ce dernier, primitivement attaché à la personne d'Adolphe de Nassau, avait été un des instigateurs les plus actifs et les plus acharnés du complot. En immolant l'empereur il voulait atteindre le meurtrier de celui à la fortune duquel il avait attaché ses jeunes espérances, ses brillants rêves d'avenir.

 

Ces rêves vinrent se noyer dans des flots de sang. On connait l'affreuse et sombre histoire de la punition des conjurés ; on sait que Rodolphe de Wart, condamné au supplice de la roue, fut trainé sur la place de l'exécution, attaché à la queue d'un cheval et que son agonie sur l'instrument fatal dura trois jours entiers ; on sait le dévouement angélique et presque surhumain de sa femme Adélaïde de Sargans, et les vengeances terribles d'Agnès de Hongrie, fille de l'empereurqui fit immoler plus de douze cent victimes aux mânes de son père, qui poursuivit à outrance tous ceux que de simples soupçons lui désignaient comme complice, comme parents ou comme amis des meutriers ; qui fit couper le tronc d'arbre teint du sang de son père, s'en fit faire un bahut où elle serrait ses vêtements afin d'avoir constamment sous les yeux de quoi activer sa vengeance. Le château de Wart fut rasé du sol. La malheureuse veuve du supplicié termina ses jours dans un couvent de Bâle.

 

Il me reste à dire maintenant par quels liens ce souvenir funèbre se rattache à notre histoire de Ferrette. Dans la petite commune de Winckel, située sur le chemin de Ferrette à Lucelle et acculée au pied de la montagne, il existe une belle prairie connue aujourd'hui sous la dénommination de Wart-matt : près de ce pré se trouve une ancienne chapelle dédiée à Saint Georges qui portait jusqu'à la fin du seizième siècle le nom de Wart-Capell, en souvenir d'un chevalier de Wart qui l'avait fondée. Sur une petite éminence, à proximité, on a découvert différents débris d'objets antiques que la tradition locale considère comme provenant d'un vieux manoir qui jadis aurait existé sur cet emplacement et appartenu aux nobles de Wart. Serait-ce là le château rasé par Agnès de Hongrie ? - Toujours est-il que la famille de Wart possédait à Winckel des propriétés importantes et que cette localité devait lui être particulièrement chère puisqu'elle y ait construit une chapelle... "

 

Esquisses historiques de l'ancien comté de Ferrette : Revue d'Alsace 1854 : Charles Goutzwiller.

 

Les nains de la caverne des Loups

"Il y avait un temps où la Caverne des Loups (Wolfshöhle), située à quelque distance de Ferrette et enfoncée dans les rochers de la Heidenflüe, était habitée par une peuplade de nains. Il y avaient des chambrettes taillées dans le cristal de roche et tous leurs meubles étaient d'argent.  Chacune de ces chambrettes était occupée par un couple de nains, homme et femme. Tous ceux qui les avaient vus étaient émerveillés de la beauté de leurs traits et surtout de l'éclat particulier de leurs yeux qui brillaient comme des étoiles. Ils n'avaient point d'enfants et jouissaient d'une jeunesse éternelle. Souvent ils prenaient plaisir à descendre dans la vallée et à entrer dans les habitations dispersées çà et là sur les flancs de la montagne, et leurs voix douces et mélodieuses cherchaient à imiter le langage des pâtres et des laboureurs qu'ils venaient visiter.

...

Une chose cependant paraissait étrange aux hommes, c'étaient les longues robes que portaient les nains et qui empêchaient les curieux d'en voir les pieds. Quelques jeunes filles de la vallée ne pouvant réprimer plus longtemps l'envie de savoir quelle forme avait ces pieds, résolurent un jour de surprendre le mystère des nains.

Elles se rendirent donc avant le lever du soleil, à la Caverne des Loups, et, après avoir couvert des sable le plateau de pierre qui se trouvait à son entrée, elles se cachèrent dans les broussailles, pensant que lorsque les nains feraient leur promenade matinale dans la forêt pour y boire les gouttes de la fraîche rosée et sucer le doux miel renfermé dans le calice des fleurs, leurs pieds ne manqueraient pa de laisser des traces dans le sable.

Dès que le soleil jeta ses premiers rayons sur les rochers de la Heidenflüe, les nains parurent à l'entrée de la grotte, et ne se doutant nullement de la malice des paysannes que la curiosité avait rendues si ingrates, ils traversèrent le plateau pour descendre dans la forêt. Mais à peine les jeunes filles eurent-elles aperçu que les nains laissaient dans le sable des traces de pieds de chèvre, qu'elles partirent d'un grand éclat de rire. Les nains se retournèrent tout étonnés, et se voyant trahis, ils se retirèrent dans leur caverne pour n'en plus jamais sortir."

 

Revue d'Alsace 1851 : Auguste Stoeber.

 

Pfirt et Ferrette

"...A l'époque gallo-romaine, il y avait une plantation de poiriers, en latin : Piretum, à l'emplacement de l'actuel village de Vieux-Ferrette. Le poirier (pirus) était un arbre noble. Il produisait des fruits qui étaient appréciés dans l'alimentation des paysans, notamment sous la forme sèchée (Schnetz). Enfin, on rendait souvent justice à l'ombre des poiriers.

 

Lors des grandes invasions germaniques, le toponyme, qui avait pris la forme de Piredu, fut adopté par les nouveaux maîtres du pays et passa dans leur langue. Au moment de la seconde mutation consonantique, qui eut lieu au cours du VIIIème siècle, on vit le passage de p initial à ph, puis à pf, de même, la consonne dentale d se transforma en une consonne dentale sourde t, Piredu devint donc Phirt, puis Pfirt.

 

Les linguistes affirment même que la forme romane Ferrette fut créée plus tard, probablement lorsque les comtes furent en rapport avec les régions romanophones voisines de la porte de Bourgogne, car, contrairement à ce que l'on avait imaginé et affirmé jadis, c'est la forme Pfirt qui est la plus ancienne, et non pas celle de Ferrette...."

 

Si Ferrette m'était "comté" : l'origine du nom : André Dubail : 2006.

 

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