Sur les hauteurs de Wegscheid

Wegscheid - Fuchsfelsen - Vogelsteine - Gsang - Sattelhütte - Fuchfelsen - Wegscheid

 Description de la randonnée
Départ 

Wegscheid : parking du réservoir dans le

vallon du Soultzbach (affluent de la Doller).

Propriétés 

Distance : 16 km en passant par

Belacker sinon 14 km

Dénivelé : 850 m

Restauration : 

Ferme auberge du Belacker

Ferme auberge du Gsang

 

Carte IGN : 3620 ET

Remarques

Après une longue montée à travers la réserve

naturelle des volcans de Wegscheid, l'itinéraire

nous conduit aux Vogelsteine et sur la crête

près du col de Belacker. Le retour se fait par

Gsang et le long du Rossberg.

Pour une randonnée dans le même secteur

avec un dénivelé moindre voir sous Thann,

départ du col du Hundsrück : Belacker-Gsang.

A Wegscheid, prendre la route qui pénètre dans le vallon du Soultzbach et se garer au parking du réservoir.

Prendre le sentier rond jaune qui conduit au Fuchsfelsen.

Rejoindre le GR532 (rectangle jaune) jusqu'à la crête. Tourner à droite pour monter aux Vogelsteine (rectangle rouge).

Descendre sur Belacker et revenir à Gsang par un sentier agréable (triangle rouge).

Variante : par le sentier (triangle bleu) rejoindre directement la Ferme Auberge du Gsang.

De Gsang, se diriger vers le Thanner Hubel mais avant de l'atteindre, par un chemin non balisé, rejoindre le refuge du Ski Cub de Mulhouse sur la crête.

Prendre le sentier (rectangle rouge) et tourner ensuite à gauche (pour éviter de retourner aux Vogelsteine) pour rejoindre Sattelhütte et Fuchsfelsen.

Revenir ensuite par le même sentier qu'à l'aller pour rejoindre Wegscheid.

 

Sur les hauteurs de Wegscheid
Sur les hauteurs de Wegscheid.kml
Place de marché Google Earth 35.2 KB

d'Anthès, une dynastie de maîtres de forge

"Le nom de la famille d'Anthès est bien connu dans la région grâce à l'un de ses membres qui, mêlé au XIXème siècle à un dramatique fait divers, tua le poète russe Pouchkine au cours d'un duel.

 

Et pourtant, de la fin du XVIIème siècle jusqu'à la Révolution, la famille s'était acquise des titres de notoriété autrement importants et honorables, quand ses membres se distinguaient en Alsace comme maîtres de forge, exploitants de mines, fermiers généraux des domaines alsaciens des ducs de Mazarin, membres du Conseil souverain d'Alsace, cumulant parfois toutes ces fonctions, récoltant un jour l'anoblissement pour services rendus au royaume de France, et faisant  montre d'initiatives dans bien d'autres domaines.

 

Philippe-Michel Anthès était venu de Weinheim en Palatinat où son père était tanneur, pour entrer dans la société des mines de Giromagny, puis celle des forges de Belfort et enfin prendre à son compte la direction des forges d'Oberbruck. Il relança l'exploitation des mines de Steinbach. Il fut aussi fermier général des domaines du duc Armand-Charles de Mazarin en Alsace.

 

Son fils Henri lui succéda dans toutes ces fonctions et étendit encore le champ des activités familiales avec un dynamisme  et un esprit d'entreprise remarquables.

 

En 1720 il créa et dirigea la manufacture royale de fer-blanc de Wegscheid, la seule du royaume de France à ce moment-là, avec un magasin à Besançon. Dix ans plus tard, il créa la manufacture d’armes blanches du Klingenthal, la première du royaume. Louis XV l’anoblit alors. Avec un associé, il exploita les forges de Grandvillars et la tréfilerie de Morvillars. Il dirigea aussi les mines du Ban de la Roche et les forges de Rothau pour le compte de l’ancien intendant d’Alsace Nicolas d’Angervilliers. La fortune issue de sa fulgurante ascension sociale lui permit d’acheter de nombreux domaines, dont les seigneuries de Blotzheim et de Brinckheim ainsi que les biens des comtes Fugger dans le Val de Villé.

 

Quand il mourut en 1733, Henri d’Anthès était à la tête du plus grand ensemble sidérurgique que l’Alsace ait connu jusqu’alors, bien avant les Dietrich. Sa veuve Catherine reprit plusieurs de ses affaires.

Catherine Sitter, fille de paysans de Heimsbrunn, était une femme de trempe exceptionnelle. Elle dirigea personnellement la forge d’Oberbruck, la manufacture de fer-blanc de Wegscheid, ainsi que l’exploitation des mines de la vallée de Masevaux et de Bessoncourt. Elle poursuivit le bail de la ferme générale avec son fils aîné Jean-Philippe. Puis elle agrandit le patrimoine familial avec des acquisitions en Bourgogne. Elle acheta d’abord, pour son propre compte, la baronnie de Longepierre et les terres de La Villeneuve, puis, avec son fils Jean-Philippe, le marquisat de Villecomte avec ses forges et la seigneurie de Vernot. Dès lors, voilà les d’Anthès maîtres de forge à Villecomte où ils s’associèrent aussi à la forge du proche village de Diénay.

 

Après avoir vendu ses parts dans la manufacture d’armes blanches du Klingenthal, Jean-Philippe d’Anthès entra dans la société des mines et forges du Val-Saint-Amarin, exploita les mines de Murbach et de Lautenbach et acheta la seigneurie de Nambsheim. C’est Jean-Philippe encore qui prit une nouvelle orientation familiale : l’achat d’offices. Grâce à sa formation en droit à l’Université de Strasbourg, il put devenir membre du Conseil souverain d’Alsace où son fils François-Henri le suivit. François-Henri d’Anthès quitta l’Alsace pour se rendre en Bourgogne. À Dijon il entra au Parlement de Bourgogne et en devint président.

 

Le deuxième fils de Jean-Philippe d’Anthès, François-Philippe, après avoir poursuivi les activités industrielles de son père, abandonna progressivement mines et forges pour se consacrer à la finance. Il acheta la seigneurie d’Aprey, aux confins de la Bourgogne et de la Champagne. Après, avec sa verrerie, sa tuilerie et sa faïencerie de renommée internationale.

Le tableau serait incomplet si l’on ne mentionnait Philippe-Jacques Anthès, un neveu d’Henri d’Anthès. Il participa à l’introduction de l’indiennage à Mulhouse : en 1754, il avait créé la société « Anthès Feer et Cie », l’une des trois premières manufactures d’indiennes de la ville."

 

Société d’histoire « Les Amis de Soultz » : Edouard Rouby

Photo : Château d'Anthès à Soultz : Panoramio Voulge

De Wegscheid au Sattel

"A Wegscheid, la Doller reçoit l'affluent du Sulzbach. Entrons dans la gorge latérale, par où ce ruisseau pénètre dans un lit de roches vives, où une cuvette de grauwacke suit une cuvette de syénite, où des truites en quantité se jouent à travers l'onde. Une scierie au bord de l'eau, sur les versants fortement encaissés des bois. De distance en distance apparaît une ferme avec quelques champs de pommes de terre, un verger, des prés.

 

La gorge qui aboutit au Sattel s'appelle Rossberggesick. Gesick, dans le dialecte local, signifie un creux. Quant au Rossberg, dont les rochers figurent aux yeux des gens à imagination bien douée, une tête de cheval, son nom me paraît provenir plutôt de l'existence de chevaux sauvages sur ses hauteurs, il y a quelques siècles encore, à l'époque où l'ours se réfugiait dans les forêts profondes du Baerenkopf. L'altitude des deux sommets du Rossberg atteint 1196 et 1187 mètres. Ces deus sommets sont séparés par un col, descendant à 100 mètres plus bas."

 

Au col du Sattel, Sattelboden, où nous faison une première halte, la vue embrasse déjà tout le bassin de la Doller jusqu'au Ballon d'Alsace. Le ciel est serein, sans aucun nuage. Une brise légère rafraichit l'air. Au milieu des sapins se dresse la paroi du Durenfelsen*, formé par un dyke isolé, à arête inaccessible, représentant plus ou moins exactement une lyre renversée. Plus Haut, devant nous, les rochers abrupts du Falkenstein**, puis le col de Belacker en forme de selle ; du côté du Rossberg, les escaprements du Nablassruntz, puis en arrière de la vallée de Saint-Amarin, dans une atmosphère brumeuse, le Haut du Felza. Vous dominez un véritable fouillis de montagnes, les unes à cime gazonnée, les autres en forêt..."

 

* Fuchsfelsen

** Vogelsteine

Charles Grad : l'Alsace, le pays et ses habitants 1889

Photo : orgues volcaniques du Rossberg : CRDP Strasbourg

 

 

Les petits Alsaciens

"Je visite tous les jours les villages de Reinbach*, Dolleren et Sewen et, très souvent, je vais à Masevaux, - à cheval, bien entendu. Ce n'est pas très compliqué au point de vue médical, je m'arrête de temps en temps dans les écoles, où, à Dolleren, le curé, ailleurs les Soeurs de la Providence, commencent à apprendre le français. De quel plaisir seraient pour vous, madame, de telles visites ! Voyez la scène.

 

J'entre ; tous les enfants se lèvent.

- Bonjour, monsieur le médecin major !

 

Puis, ils récitent, à tour de rôle, la leçon qu'ils ont apprise, tant bien que mal, en français, et que la soeur leur explique en alsacien. C'est extrêmement curieux ! Ces enfants qui, il y a six semaines, ne savaient, pour la plupart, pas un mot de notre langue, disent couramment, aujourd'hui, leur Ave (le Pater est plus long et plus difficile) ; ils chantent Saint Nicolas, mon bon patron, Frère Jacques, dormez-vous ? etc... Sans hésiter, ils nomment les divers objets de l'école, les parties du visage, du costume. Ce matin, ils m'ont tous redit, en choeur, une poésie : Le Petit Français."

 

* Rimbach

Les Annales Politiques et Littéraires 1915 : Médecin Major X

Photo : première classe en français dans la vallée de Masevaux : les Annales Politiques et Littéraires 1915.

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