De Bergheim à Saint-Hippolyte

Bergheim - Reichenberg - Rodern - Saint-Hippolyte - Rorschwihr - Grasberg - Bergheim

Description de la randonnée
Départ

Bergheim : parking de la Porte Haute.

Propriétés

Distance : 13,5 km

Dénivelé : 350 m 

Restauration : Saint-Hippolyte : A la Vignette

Carte IGN : 3718 OT

Remarques

Belle promenade dans le piémont,

au pied du Haut-Koenigsbourg, qui

passe par des villages viticoles

pittoresques et des lieux emblématiques

de l'histoire de notre région.

Emprunter la D18 pour rejoindre la petite route qui se dirige vers le cimetière militaire du Grasberg.

Prendre le chemin à gauche (rectangle rouge blanc rouge) jusqu'au Reichenberg et qui passe à proximité du Tempelhof (lieu de l'ancienne commanderie des Templiers).

Contourner le Reichenberg pour se diriger vers le carrefour de la Lach (rectangle rouge blanc rouge).

Ce chemin s'enfonce dans la forêt. Avant le carrefour de la Lach, descendre, à droite, sur Rodern.

Traverser le village et après un coup d'oeil au Schloessel (ancienne propiété des Jésuites), se diriger par les vignes à Saint-Hippolyte (chevalet bleu).

Rentrer à Saint-Hippolyte par la porte Haute à proximité de l'Hotel Val Vignes (ancienne résidence des ducs de Lorraine).

Rejoindre le bas de Saint-Hippolyte (losange jaune) jusqu'au chemin qui mène à Rorschwihr.

Passer devant l'ancienne cour collongère de l'abbaye de Moyenmoutier et traverser le village de Rorschwihr pour monter au Grasberg.

Après avoir visité le cimetière militaire allemand, descendre sur Bergheim.

 

 

De Bergheim à Saint Hippolyte.kml
Place de marché Google Earth 496.8 KB

Fulrad et la fondation de Saint-Hippolyte

" … Le plus puissant personnage du royaume après Pépin le Bref était Fulrad, abbé de Saint-Denis, un des riches monastères du royaume ; c'est lui qui mena avec le pape les négociations dont l'aboutissement fut, d'une part le couronnement de Pépin comme roi de France en 751, et d'autre part la création de l'état pontifical dans les années 754-756.

 

Le pape lui témoigna sa reconnaissance en lui cédant, lors d'un de ses séjours à Rome les corps de Saints Alexandre et Hippolyte...

 

Pépin de son côté avait reconnu les services exceptionnels de Fulrad en lui donnant Saint-Mihiel en Verdunois. Peut-être sera-t-on un peu étonné de lire qu'un religieux reçoit un tel don personnel, mais le fait se comprend quand on voit Fulrad se considérer, non comme un moine mais uniquement comme prêtre.

 

Il était également le premier des chapelains (on dira plus tard l'archichapelain) du roi, ce qui impliquait bien entendu son appartenance à la cour du souverain ; après la mort de Pépin, il exerça les mêmes fonctions auprès de Carloman. Et lorsque celui-ci disparut prématurément en 771 il se rallia à Charlemagne et devint son premier chapelain.

 

Fulrad fonda six celles – on désignait par ce terme, dont la forme allemande est Zelle, un ermitage ou un petit monastère comptant quelques moines , dont une en Mosellane, trois en Alémanie et deux en Alsace à savoir Saint Hippolyte et Lièpvre. On pourrait y ajouter l'église Saint-Germain de Widensolen, qu'il édifia entre 777 et 784.

 

De ses fondations alsaciennes, Saint Hippolyte est la première... L'abbé choisit, pour réaliser son projet, un point de finage d'Orschwiller, au nord de l'aggomération. Il y fit venir des moines et y construisit une petite maison religieuse que l'on baptisa Fulradovilare, c'est à dire « l'exploitation rurale de Fulrad », qui est mentionnée en 774. Mais ce nom fut supplanté dès le siècle suivant par celui de Saint-Hippolyte.

 

Fulrad y avait en effet déposé les fameuses reliques de Saint Hippolyte qui devint le patron de cette maison.... "

 

D'après annuaire des amis de la bibliothèque humaniste de Sélestat : les destinées du prieuré de Lièpvre jusqu'à l'an 1000 : Christian Wilsdorf 1963.

Reproduction : Saint-Hippolyte au pied du Haut-Koenigsbourg.

L'autre martyr de Saint-Hippolyte

" L'homme dont je voudrais essayer de rappeler la vie et le martyr est totalement ignoré aujourd'hui....

 

Nous ne connaissons guère le martyr de Saint-Hippolyte que par deux documents de genres tout à fait opposés. Le premier est un article assez étendu , dans le martyrologue protestant de Crespin, et l'autre la censure que lança contre la doctrine du pieux réformateur le plus illustre tribunal dogmatique de l'époque...

 

Wolfgang Schuch était Allemand ; mais on ne sait ni quel fut le lieu de sa naissance, ni d'où il venait lorsqu'il succéda, comme curé de Saint-Hippolyte à un homme qui devint dans la suite le plus ardent collaborateur de Zwingle et son collègue à Zurich, Léon Jude ou Juda...

 

On s'étonne peut-être de voir un curé propager hautement le protestantisme dans sa paroisse et sans abjurer le catholicisme ; mais à cet époque reculée ou Calvin étudiait encore à Paris dans les collèges de la Marche et de Fortet, où Zwingle commençait la réformation en Suisse, où Luther lui-même n'avançait que pas à pas, comme malgré lui, dans son œuvre, il n'existait pas encore deux églises séparées...

 

Le nouveau curé se voua avec zèle à l'oeuvre de la Réforme ; il prêcha la doctrine de la justification par la foi et abolit peu à peu toutes les cérémonies extérieures et les observances sur lesquelles on voulait fonder l'espérance du salut. Ce fut d'abord le carême, puis le culte des images et en dernier lieu la messe...

 

Le duc de Lorraine, Antoine, dit le Bon, était un prince faible et nul, gouverné par deux prêtres. Le premier auquel dans ses édits il donnait le titre de conseiller suprême, était Théodore de Saint-Chamond, abbé de Saint-Antoine de Vienne en Dauphiné, qui exerçait à la fois les fonctions de vicaire général du cardinal de Lorraine en son évêché de Metz et celle d'inquisiteur...

 

L'autre ecclésiastique, plus puissant encore sur l'esprit du prince était son confesseur, frère Bonaventure Renel, gardien du couvent des Cordeliers à Nancy. « Le duc, dit Crespin, l'aimait fort pour la licence qu'il lui faisait en la liberté de ses plaisirs ». Renel avait la réputation d'un moine sensuel et débauché...

 

En 1523, le 26 décembre, jour de Saint-Etienne, ce prince, ou plutôt ses deux conseillers, promulguèrent contre les hérétiques luthériens, une ordonnance ou mandat qui défendait de prêcher et de discuter sur la doctrine de Luther... Peu de temps après, la guerre des paysans éclata en Allemagne et bientôt le contre-coup s'en fit sentir en Alsace...

 

On a toujours essayé de jeter sur la Réforme l'odieux de ces guerres civiles. Rien n'est plus injuste. Luther avait d'abord pris en main la cause des paysans atrocement opprimés et l'avait éloquemment plaidée auprès des grands. Mais dès que les justes réclamations se changèrent en attaques à main armée, en sanglantes vengeances, Luther blâma avec toute son énergie cette imprudence criminelle...

 

..bien avant Saverne, Saint-Hippolyte avait été menacée par les troupes du duc. On lui fit croire qu'il avait là, comme ailleurs, des ennemis acharnés à écraser, et il menaça la ville de la mettre à feu et à sang par son armée. … Wolfgang fut à la hauteur de sa tâche. Il écrivit au duc une éloquente et longue lettre où il plaide avec une énergie humble et une dignité admirable...

 

Soit que cette belle épitre ait été supprimée par les ennemis de Schuch, soit qu'elle soit restée sans effet sur l'esprit étroit et prévenu d'Antoine, elle ne reçut aucune réponse...Wolfgang voyant, dit Crespin, « que le duc Antoine persistait en cette volonté de faire saccager la ville de Saint-Hippolyte, vint se rendre à Nancy ... ».

 

La ville fut en effet, par le dévouement de Schuch, sauvée du désastre affreux qui frappa Saverne … L'inquisiteur Saint-Chamond envoya à Paris, à la Sorbonne, quatre petits livres écrits par Schuch et trente et une propositions qu'il avait soutenues... La conclusion de la Sorbonne fut que l'auteur des livres et propositions censurés par elle devait être contraint à les abjurer canoniquement...

 

...Le duc voulut voir et entendre ce curé de Saint-Hippolyte ...mais pour ne pas commettre avec lui sa haute dignité, ce fut derrière un rideau qu'il assista à l'interrogatoire. Le pauvre prince écouta en vain, il ne put comprendre une parole ; Schuch ne répondait qu'en latin.

 

On expliqua à son altesse que le luthérien niait le sacrifice de la messe. C'en fut assez, il sortit en donnant l'ordre d'en finir. Le pasteur fut condamné à être brûlé vif... Ce fut sur une des places de Nancy que l'exécution eut lieue (le 21 juin 1525)..."

 

Libres Etudes : Anastase Coquerel, pasteur et historien : 1867.

Reproduction : Antoine le Bon : Hans Holbein 1543 : Gemäldegalerie Berlin.

A propos du Schloessel

Le Schloessel à Rodern
Le Schloessel à Rodern

"  … Le Schloessel est un édifice très vaste, entouré de cours et de jardins spacieux. Dans le même enclos, au fond de la cour, se trouve la ferme qui en fait partie.

 

La maison de maître est construite en équerre. Le pavillon principal date de 1617, mais il a été remanié au 18ème siècle. D'après une tradition qui ne peut être tout à fait exacte, le Schloessel de Rodern doit ses origines aux jésuites de Strasbourg. Ceux-ci possédaient dans le ban de Rodern, au canton dit Schemel, un belle pièce de vignes, de six arpents et d'un seul tenant...

 

...sur le cintre de la porte d'entrée de la cave sont sculptés en creux, la date de 1617, ainsi que la marque et les initiales du tailleur de pierre. Et cette même date de 1617 se trouve sur un des piliers en pierre à l'intérieur de la cave. Le pavillon principal a donc été construit en 1617. Dans ce cas, il ne peut devoir son origine au collège des Jésuites de Strasbourg, qui n'a été fondé qu'en 1685.

 

La tradition des origines jésuites peut cependant être exacte, si nous substituons au collège de Strasbourg, celui de Sélestat qui fut fondé en 1615. Et comme Léopold d'Autriche, évêque de Strasbourg, dota en 1616, le nouveau collège des restes du patrimoine de l'ancienne prévoté de Sainte Foy, il n'est pas impossible que les fameuses vignes de Rodern aient relevé jadis de cette prévoté Sainte Foy à Sélestat.

 

...le 14 janvier 1740 fut signé l'acte de vente en vertu duquel la propriété du Schloessel passait du Collège des Jésuites de Strasbourg aux mains de Maître Jean-Georges Kieffer, avocat au Conseil Souverain d'Alsace et bailli du comté de Montjoie. Devenu propriétaire du Schloessel, Jean Georges Kieffer s'employa de suite à en faire une résidence d'été digne de sa fortune et de son rang... »

 

NB : le Schloessel connu par la suite plusieurs propriétaires ; actuellement c'est une propriété privée proposant des chambres d'hôtes.

 

D'après annuaire de Colmar (1935) ; Les souvenirs d'un vieux manoir : le Schloessel : Marcel Moeder (ancien propriétaire).

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