De Villé à Albé

Villé - Honcourt - Saint Martin - Breitenbach - Albé - Triembach-au-Val - Villé

Description de la randonnée
Départ

Villé : à proximité du collège et du cimetière ;

au départ de la promenade du Klosterwald.

Propriétés

Distance : 12 km

Dénivelé : 370 m

Restauration : Auberge de la Vieille Ferme

à Albé

Carte IGN : 3717 ET

Remarques

Une randonnée circulaire pour découvrir le

site de l'ancienne abbaye d'Honcourt et les

villages de Saint Martin, Breitenbach, Albé

et Triembach-au-Val.

L'occasion aussi de faire connaissance avec

le vignoble de montagne d'Albé et ses

vins de schiste. 

Se garer au départ du parcours du Klosterwald.

Un chemin (croix bleue) permet de rejoindre le site de l'ancienne abbaye de Honcourt en passant par la fontaine du diable.

Traverser le Giessen et la départementale pour rejoindre Saint-Martin. 

En suivant l'itinéraire (croix jaune) rejoindre la grotte de Lourdes et le village de Breitenbach.

Un chemin (chevallet rouge) grimpe jusqu'au lieu-dit Auf der Sohle pour atteindre les premières parcelles de vignes du vignoble d'Albé.

Descendre à Albé.

Prendre la direction Albéville (disque bleu) jusqu'à l'aérodrome.

Descendre sur Triembach (circulaire vert puis jaune).

Rejoindre Villé (triangle rouge)

On peut aussi descendre directement sur Villé (croix rouge) à partir de l'aérodrome.

De Villé à Albé.kmz
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L'abbaye de Hugshofen

"...Nous ne devons pas passer sous silence l'ancienne abbaye de Hugshofen (Honcourt), située dans le val et auprès de Villé. Il n'est pas facile de marquer la date précise de sa fondation.

 

Les Annales de Colmar disent que Werner, comte d'Ortenberg, en fut le fondateur ; Albert de Strasbourg, au contraire prétend qu'elle a été bâtie par deux seigneurs d'Hurmingen, qui la destinèrent aux religieux de l'ordre de Saint-Benoit. Cet auteur ajoute, que ces seigneurs obtinrent du pape Sixte IV l'exemption pour ce monastère de toute contribution, à l'exception d'une petite redevance envers la cour de Rome ; et qu'ensuite le comte Albert donna à Rodolphe de Habsbourg cette abbaye pour la dot de sa soeur. Mais il y a erreur ici : car le pape Sixte IV, qui aurait accordé des grâces à Hugshofen, n'a occupé le saint-siège qu'environ deux cents ans après le mariage de Rodolphe ; il faudra donc remonter jusqu'à Sixte III, c'est-à-dire jusqu'au milieu du cinquième siècle : or certainement vers l'an 450 il ne s'agissait ni de l'ordre de Saint-Benoit, ni de la maison d'Hurmingen en Alsace.

 

Cette abbaye s'est distinguée fort longtemps par sa régularité, et au rapport de la Chronique d'Ebersmunster, l'évêque de Strasbourg Henri II, voyant que cette abbaye était réduite à une extrême indigence et que la discipline y était éteinte, y envoya Werner, abbé de Hugshofen, pour y remettre l'ordre et l'abondance. Cette abbaye fut dévastée pendant la guerre des rustauds en Alsace, et ses biens vendus à l'abbaye d'Andlau, par Léopold d'Autriche, évêque de Strasbourg. Il en est resté, jusqu'en 1782, une église bâtie en forme de rotonde, et dont la coupole reposait sur dix colonnes fort élégantes. Elle passait pour un temple païen ; mais, selon les Annales de Colmar, elle a été construite en 1186 et réparée plus tard. L'abbesse d'Andlau a fait démolir ce monument curieux et remplacer par une chapelle très ordinaire."

 

Histoire des Saints d'Alsace : abbé Hunckler : 1837

Reproduction : église de Honcourt côté sud d'après croquis de A. Silbermann.

Paul Volz : un humaniste dans la tourmente

"... Il était né à Offenbourg, dans l'Ortenau, en 1480. Il était venu comme étudiant à Schlestadt, attiré par le renom de l'école de cette ville ; il y avait fait ses études sous Crato Hofmann.

 

En 1503 nous trouvons Volzius dans un couvent ; il entra dans l'ordre des Bénédictins, pour pouvoir se livrer à son goût pour les lettres ; il habita quelques années le couvent de Schuttern, près de Fribourg, s'occupant de travaux littéraires.

 

Vers 1513, il fut envoyé en Alsace pour relever l'abbaye de Honcourt, située dans le val de Villé.... Dans les dernières années du XVème siècle, la discipline s'était fortement relâchée, et pour la relever, Paul Volzius fut envoyé comme abbé dans le val de Villé. Ces nouvelles fonctions n'étaient guère du goût du bon abbé ; ami du silence et de la paix, épris de la vie contemplative, absorbé par ses études, il trouvait à Honcourt un champ d'activité tout différent : une maison en décadence, des moines revêches, une administration fatigante. On conçoit que le bon abbé aimait souvent à quitter sa Thébaïde, pour retremper son esprit au contact des amis des lettres, et pour rallumer le feu sacré qui aurait pu s'éteindre, faute d'aliment, dans son couvent solitaire. Le savant abbé correpondait aussi avec les humanistes les plus distingués de son temps ; Erasme professait pour lui une amitié sincère ; le célèbre jurisconsulte Ulric Zasius, de Fribourg, l'estimait,  Beatus Rhenanus l'aimait à l'égal d'un frère. ...

 

... il s'était opéré dans son coeur un singulier changement, depuis qu'il lisait les écrits de Luther et des autres réformateurs. Il se convainquit de jour en jour davantage de l'inanité des voeux monastiques, et fut amené à sonder la source de vie, les Saintes Ecritures. Son attachement aux idées nouvelles le décida même à accueillir dans son couvent solitaire des réfugiés pour cause de religion, venus de France et de Lorraine. Il prêcha aussi dans le sens de la Réforme et lut à ses auditeurs des passages tirés des ouvrages du réformateur de Wittemberg.

 

Cependant de graves évènements se préparaient en Alsace. Les paysans, opprimés par un joug séculaire et agités par les idées nouvelles, réclamaient à grand cri leur émancipation ; confodant leur affrachissement civil avec la liberté de l'évangile. Déjà vers la fin du siècle précédent, en 1493, des associations du Bundschuh s'étaient formées dans les environs de Schlestadt et une conjuration avait été tramée sur le sommet de l'Ungersberg. Mais toutes ces tentatives avaient avorté ; maintenant le moment semblait propice ; aussi le soulèvement des paysans qui prit son origine au bord du lac de Constance devint bientôt général, et, semblable à l'avalanche qui grossit avec la rapidité de l'éclair, il étendit au loin ses ravages. Dans les derniers jours de Mars 1525, l'Alsace était en feu ; des bandes de paysans parcouraient le pays, pillant et dévastant les couvents et l'abbaye de Honcourt n'échappa pas à la destruction.

 

Le comte Ulric de Ribeaupierre, qui fut un témoin oculaire de ces scènes de pillage, rapporte dans relation de l'insurrection des paysans, que le dimanche de Pâques 1525, les paysans du Val de Villé s'emparèrent de l'abbaye de Honcourt, chassèrent l'abbé, détruisirent les ornements du culte et les vases sacrés, enfoncèrent les portes et les fenêtres, démolirent les toits des bâtiments et ce qui dut affliger le plus le savant abbé, déchirèrent et brûlèrent tout les livres qui leur tombèrent sous la main.

Paul Volzius, poursuivi par les bandes de rustauds jusqu'à Schlestadt, parvint heureusement dans cette ville, où il trouva un asile hospitalier dans la maison de son ami le recteur Sapidus. Mais il dut bientôt quitter son lieu de refuge. Le 20 Mai 1525 les habitants de Schlestadt pouvaient voir du haut de leurs tours et de leurs remparts et à la lueur sinistre des villages incendiés de Châtenois et de Scherrwiller la défaite sanglante des paysans qui luttaient avec l'énergie du désespoir contre les bataillons aguerris du duc Antoine de Lorraine..."

 

Revue d'Alsace : un humaniste à l'école de Schlestadt : Jules Rathgeber 1870.

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