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Description de la randonnée |
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Départ : |
Mittelwihr : parking près de l'Hotel 'le Mandelberg". |
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Distance : 15 km Dénivelé : 400 m Restauration : il y a de nombreux restaurants à Riquewihr; et dans les autres villages traversés. Carte : 3718 OT |
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| Remarques : |
Très belle promenade à travers le vignoble alsacien pour découvrir les villages pittoresques, la merveilleuse église fortifiée de Hunavihr et la Nécropole de Sigolsheim. A faire au printemps quand les amandiers sont en fleurs ou en automne quand le vignoble se couvre d'or. Le sentier des grands crus est flèché mais comme on aperçoit les villages au loin, il est possible de s'en écarter pour flaner à travers le vignoble. La randonnée se déroule parfois sur de petites routes goudronnées. |
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Prendre le chemin qui mène au Mandelberg et rejoindre Beblenheim. Monter au Sonnenglanz pour rejoindre Zellenberg perché sur sa colline. Traverser la route des vins et par le Lerchenberg rejoindre Hunawihr. Prendre la petite route qui mène à Riquewihr et rejoindre ce village en traversant le Schoenenburg. Se diriger ensuite vers Sigolsheim en passant par le Buchshof (domaine viticole) et rejoindre la Nécropole de Sigolsheim. Revenir sur Mittelwihr. |
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De la Réforme
"A propos du Petit-Château de Beblenheim et des localités protestantes qui environnent Colmar, on peut faire remarquer que la Réforme y a été introduite par les Princes de Wurtemberg-Montbéliard qui, par héritages de famille, traités ou alliances, avaient possédé fort longtemps des droits de suzeraineté sur Riquewihr, Beblenheim, Hunawihr, Ostheim, Wihr-en-Plaine, Horbourg, Andolsheim etc. Hunawihr, avec son église fortifiée par un mur à bastions et à créneaux, est un témoignage vivant des luttes religieuses de la Réforme. Cette église sert, aujourd'hui encore, à l'exercice des deux cultes, la nef où officie le pasteur étant séparée par un grand rideau du coeur où le curé dit sa messe. Dans cette commune adoration d'un même dieu, les deux ministres et leurs ouailles vivent en très bonne intelligence.
N'était-ce pas un fait curieux et étrange que cette principauté de Montbéliard constituant une enclave allemande et luthérienne dans le département français du Doubs et appartenant à des comtes de Wurtemberg ? Prise en 1444 par le dauphin Louis XI, et en 1696 par Louis XIV, elle fut rendue à ses possesseurs par le traité de Ryswick. Les français s'en emparèrent encore en 1796 et le traité de Lunéville, en 1799, en assura la réunion définitive à la France.
Ce qu'il y a de particulièrement curieux et doit faire réfléchir le philosophe, c'est que dans tous les villages que j'ai cités plus haut le monde protestant a pour lui la grande possession territoriale, conséquemment à prédominance de la richesse, tandis que le monde catholique moins bien partagé, constitue le prolétariat travailleur mais pauvre. C'est un fait patent : tous les ouvriers sont catholiques et piochent les vignes de leurs seigneurs et maîtres. Si j'étais socialiste je dirais qu'il y a une inégalité flagrante dans la répartition des biens de ce monde.
Mais l'impartialité nous oblige à reconnaître que, de tout temps, l'élément protestant, quoique ou parce que en minorité, a su se distinguer par sa haute intelligence des affaires, son esprit spéculatif, ses aptitudes remarquables pour l'industrie. De grandes fortunes, honorablement conquises, sont sorties de ce coin de l'Alsace en même temps que des hommes de valeur qui ont fait honneur aux lettres, à la science et à l'armée, animés de ce souffle créateur qui, comme André Kiener, né à Hunawihr, nous l'a montré, ont su fonder des oeuvres grandes et durables.
Autre phénomène ; comment se fait-il que Zellemberg, entouré et serré par tous les éléments dissidents de la principauté de Montbéliard-Wurtemberg, soit resté catholique comme, du reste, Bennwihr, sa voisine ? C'est que de ces deux localités, la première était puissamment défendue par son château-fort, dont il ne reste plus que quelques vestiges, et faisait partie avec sa voisine du domaine direct de l'évèché de Strasbourg...."
Charles Gouzwiller : Souvenirs d'Alsace 1898
L'église fortifiée de Hunawihr.
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"En 1648, lors du traité de Munster, l'Alsace n'était pas le pays unifié que l'on imagine d'ordinaire. Elle était formée d'une série de principautés, de petits états appartenant à des souverains différents. Le bloc le plus important de ces états était formé par les terres que la maison d'Autriche tenait en Alsace. Le traité de Munster accordait à la France tous ces territoires autrichiens administrés par les archiducs et dont la capitale était Ensisheim. Thann, Altkirch, Ferrette, Delle, Belfort en faisient partie. Toutes ces terres n'étaient pas de langue germanique ; on parlait français à Ferrette, Delle et Belfort. A l'Autriche encore se rattachaient Masevaux, le château du Hohkönigsbourg, la ville de Villé en partie, terres que le besoin d'argent avait forcé l'Autriche à aliéner.
Le traité assurait à la France encore 40 villages d'empire groupés autour de la forêt de Haguenau. Tous ces pays étaient entièrement catholiques en vertu du principe vulgaire que la religion du prince doit être celle de ses sujets, les dissidents religieux devant s'établir là où leur religion était admise.
Mais la France, en prenant possession de ces terres, avait pris l'engagement d'en extirper le protestantisme et elle n'eut garde d'y manquer.
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La guerre de Trente ans avait fait de ce pays un désert. On s'efforça d'y attirer des sujets étrangers, mais qui devaient être de religion catholique. Ainsi, à l'heure même où l'Edit de Nantes était encore en vigueur en France, aucun réformé français n'avait le droit de s'établir dans la partie de l'Alsace devenue française.
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En 1648, la seigneurie de Ribeauvillé était aussi réunie à la France. Elle appartenait au XVIème siècle à la famille de Ribeaupierre. Ses membres, protestants, pouvaient célébrer leur culte dans leur château avec leur famille et leurs fonctionnaires. Mais ils ne purent, en vertu du principe rappelé plus haut, introduire leur religion dans les villages qui dépendaient d'eux parce que ceux-ci étaient fiefs soit de l'évêque de Bâle, soit de l'évêque de Strasbourg, soit encore des archiducs d'Autriche. Au contraire, dans leurs terres dites allodiales, c'est-à-dire possédées en fief, ils pouvaient imposer leur religion. Ce fut le cas pour Gunsbach et Griesbach dans la vallée de Munster, pour la moitié de Sainte-Marie-aux-Mines, où la réforme fut introduite dans ses deux formes, luthérienne et calviniste.
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L'intervention des autorités françaises dans les seigeuries d'Alsace appartenant aux princes de Montbéliard procura aux protestants qui les habitaient les plus sérieux ennuis. Il fallut supporter en silence ; mais, en 1791, à cette date qui paraissait inaugurer une ère nouvelle de liberté, les protestants de ces seigneuries adressèrent à l'Assemblée nationale une plainte contenant un résumé instructif de ce que leurs pères avaient à souffrir. Ils constatent d'abord que "le culte public, la liberté de conscience et toutes les annexes, tels que consistoires, universités, écoles, pasteurs et vicaires, ainsi que la propriété des églises, fabriques et biens, tels qu'ils étaient possédés en 1624, ont été assurés aux protestants d'Alsace par le traité de Westphalie de 1648, confirmé par tous les subséquents". C'est à cette condition que l'Alsace a été cédée à la France ; mais en réalité, les protestants "ont été opprimés pendant une longue suite d'années".
Par exemple, une déclaration du mois de juin 1683 défendait aux catholiques de changer de religion, tandis que les protestants passés au catholicisme recevaient "des grâces, répits et exemptions qui n'ont que trop souvent déterminé les mauvais sujets à se jouer de la religion" ; une simple lettre de M. Le Blanc obligeaient les protestants à partager leurs égllises et leurs cimetières avec les catholiques, dès qu'il y avait sept familles de ces derniers dans un village, sans réciprocité pour les protestants. On est allé plus loin ; on a expulsé entièrement les protestants de plusieurs églises dont ils étaient en possession en l'année normale ; on a interdit les mariages mixtes en 1683 ; les bâtards des filles protestantes devaient être élevés dans la religion catholique : les protestants étaient exclus des places de judicatures, notaires, tabellions, greffiers fiscaux, prévôts, etc.
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Histoire de la Réforme Française : John Viénot 1934
La Sainte Lavandière
"A trois lieues de Colmar, dans une charmante situation, entre Zellenberg et Ribeauvillé, on voyait autrefois le château seigneurial dans lequel vivaient le vertueux Huno et sa sainte épouse Hunne. Ce château a donné son nom à un beau village appelé Hunawihr. Le sang de sainte Odile coulait dans les veines de cette noble femme, car elle était alliée au duc Adalric. Comme une autre Anne, elle demanda à Dieu de la postérité. Le seigneur exauça ses voeux, et elle mit au monde un fils. Hunne l'offrit à l'Eternel et le consacra au service des autels. Ce jeune rejeton d'une illustre famille avait été baptisé par saint Dié, évêque de Nevers, qui habitait alors l'Alsace. Le saint prélat lui avait donné son nom et l'avait reçu plus tard au nombre de ses religieux, à Ebersmunster, où il mourut en odeur de sainteté. L'histoire n'en parle presque pas.
Sainte Hunne avait été la bienfaitrice de ce dernier monastère, et, de concert avec son époux, elle lui avait donné une partie de ses biens situés à Siegolsheim et à Mittelweier. Saint Dié, qui gouvernait alors les abbayes d'Ebersmunter et de Jointure, en Lorraine, visitait souvent le château de Hunne, et contribua, par son exemple, et ses exhortations, à l'avancement spirituel de cette humble servante de Dieu. On admirait en elle une tendre compassion envers les pauvres et les malheureux. Son château était l'asile où se réfugiaient les nécessiteux de la contrée ; car elle ne leur fit pas seulement des largesses en argent, elle soignait leurs infirmités, leur rendait les services les plus bas,et on a montré logntemps après sa mort, une fontaine où elle ne rougissait pas d'aller laver les habits des pauvres ; ce qui lui fit donner le surnom de Sainte Lavandière.
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L'histoire ne nous apprend pas en quelle année elle cessa de vivre ; mais ce qu'elle n'a pas oublié de nous tranmettre, c'est que Hunne mérita le nom de sainte princesse pendant sa vie, et que sa mort plongea dans le deuil et l'affliction tous ceux qui l'avaient connue.
Hunne est la patonne des laveuses en Alsace ; ce que nous avons dit suffit à donner l'explication de ce patronage.
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Sainte Hunne fut enterrée dans l'église du Château, et les fidèles l'invoquèrent aussitôt. Elle continua d'être en grande vénération jusqu'en 1520 ; alors le duc de Wurtemberg s'adressa au pape Léon X et demanda sa canonisation solennelle. Le souverain Pontife acquieça aux voeux du duc, et Hunne fut inscrite solennellement dans le catalogue offiel des Saints. Son corps fut exposé à la vénération publique le 15 avril de la même année.
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Cinq ans après, pendant la guerre dite des Rustauds, son tombeau fut profané ; la châsse qui renfermait les reliques resta pourtant intacte ; mais en 1549, les habitants de Hunawihr, ayant embrassé le luthéranisme, se précipitèrent en furieux sur le tombeau de la Sainte, brisèrent la châsse, en tirèrent les respectables restes, et les jetèrent au vent comme une vile poussière qui ne méritait pas d'être conservée."
Mgr Paul Guérin : Les Petits Bollandistes - Vie des Saints 1876
Jean Macé et le Petit-Château de Beblenheim
"Il naquit à Paris, le 22 avril 1815, au numéro 16 de la rue du Jour, non loin de la rue Jean-Jacques Rousseau, où plus tard il devait fixer le siège social de la Ligue de l'Enseignement.
Sa famille n'était pas riche : pour subvenir aux besoins des siens, son père, normand d'origine, et complètement illettré, conduisait une voiture de roulage sur la route de Paris à Bordeaux ...
En 1825, il obtint une bourse au collège Stanislas, où il resta jusqu'en 1835. Il y eut John Lemoine pour condisciple. Ses études furent couronnées par un prix de philosophie, qui lui valut un modeste emploi, résilié bientôt pour entreprendre un voyage en Allemagne. Il se rendit à pied jusqu'à Hambourg, mais là, se trouvant à bout de ressources, et désirant ardemment rentrer en France, il s'embarqua sur un voilier en partance pour le Havre, sous condition d'acquitter le prix du passage en aidant les matelots aux plus pénibles travaux du bord.
Rentré à Paris, il trouva au collège Stanislas un emploi de répétiteur qu'il conserva jusqu'à l'âge de la conscription. Le sort lui ayant amené un mauvais numéro, il fut incorporé à Rouen au 1er régiment d'infanterie légère où il devint caporal d'habillement. Au bout de trois années, un de ses anciens professeurs, Théodore Burette, le libéra du service en lui payant un remplaçant, et le prit comme secrétaire. C'est à cette époque qu'il commença à publier à la Revue des Deux Mondes et à la République, une série d'articles et d'études qui furent très remarqués.
La révolution de 1848 le secoua violemment et lui ouvrit un monde où il se jeta avec toute l'ardeur de la jeunesse. Une brochure, Lettres d'un garde national à son cousin, signée Jean Moreau, l'obligea à se cacher quelque temps, après le 13 juin 1849. C'est à ce moment qu'il épousa une femme de modeste condition qui fut pour lui jusqu'à la mrot, la compagne la plus vertueuse et la plus dévouée.
Dès les jours de février, il ne s'était pas senti rassuré : "La proclamation du suffrage universel, disait-il, m'avait fait froid dans le dos."Les évènements venaien de lui donner raison. Il sentait que le peuple, complètement ignorant, n'était pas en état d'exercer ses droits souverains et que, au contraire, sa puissance serait un danger. Il s'agissait donc de l'éclairer ; c'est à celà qu'il résolut de consacrer sa vie et son savoir, dès que les circonstances le lui permettraient.
Quand vint le coup d'état du 2 décembre, Jean Macé, qui était signalé comme dangereux, se réfugia dans un village d'Alsace chez des amis politiques, qui l'accueillirent affectueusement.
Il y avait alors à Beblenheim, un pensionnat de jeunes filles connu sous le nom de Petit-Château. La directrice de cette institution, Mlle Vernet, offrit à l'éxilé un poste de professeur, ainsi qu'un pavillon où il s'installa avec sa femme.
C'est là que, pendant dix années, dans le calme de la retraite, il écrivit ces beaux ouvrages, dont plusieurs sont de véritables chefs-d'oeuvre : l'Histoire d'un bouchée de pain, les Contes du Petit-Château, la Grammaire de Mlle Lili, les Serviteurs de l'estomac, une Morale en action, etc. Avec Hetzel, il fonda le magasin d'éducation et de récréation de la jeunesse.
Ce fut en 1866 qu'il put enfin se donner au rêve qu'il caressait depuis longtemps : l'instruction du peuple, seule condition de salut. Le 25 octobre de cette année, il posa la première pierre de la Ligue de l'Enseignement en lançant un appel au public dans le journal l'Opinion Nationale. Aussitôt les encouragements affluèrent et la Ligue fut fondée.
Survint la guerre de 1870. Le pensionnat du Petit-Château dut être transféré à Monthiers, près de Château-Thierry.
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En 1883 il fut élu sénateur inamovible. Par cette élection, le Sénat payait la dette de la République reconnaissante.
Jean Macé est mort le jeudi 13 décembre 1894, à Mouthiers, près de Château-Thierry, où il s'était fixé ; il allait avoir 80 ans."
Portait et Biographie de Jean Macé : la Ligue de l'Enseignement 1896