Schwartzenthann

Soultzmatt - Val du Pâtre - Col du Bannstein - Wintzfelden - Gauchmatt - Soultzmatt

Description de la randonnée
Départ  Soultzmatt (se garer sur la place de la Mairie).
Propriétés 

Distance : 16 km

Dénivelé : 400 m

Restauration : Auberge à l'Arbre Vert à

Wintzfelden.

Carte IGN : 3719 OT

Remarques 

Une randonnée sans difficultés à travers des

paysages variés qui permet de visiter la

chapelle du Val du Pâtre, dans son havre de

verdure, dont les fresques ont été

magnifiquement restaurées par Robert Gall

et les ruines du mystérieux couvent de 

Schwartzenthann.

Rejoindre l’église paroissiale Saint Sébastien. Puis, derrière l’église le chemin de croix qui mène au Val du Pâtre ou Schaeferthal (losange rouge).

Derrière la Chapelle, emprunter le sentier (rond jaune puis croix jaune) qui grimpe au col du Bannstein qui sépare les vallées de Soultzmatt et de Guebwiller.

Traverser la route pour prendre le chemin (triangle bleu) qui mène aux ruines du couvent de Schwarzenthann et rejoindre Wintzfelden.

Par la route qui mène à Soultzmatt rejoindre le chemin qui mène à Thannwiller (à droite avant le terrain de foot) puis rejoindre la Gauchmatt et son cimetière roumain (rond jaune).

Emprunter la route pendant quelques mètres puis le chemin qui mène à Soultzmatt en passant par le Langenstein et le Grossfels (triangle bleu).

Arrivé à la petite chapelle au pieds du Grossfels prendre le chemin sur la gauche pour regagner Soultzmatt en faisant un petit crochet.

Schwartzenthann
Schwartzenthann.kml
Place de marché Google Earth 42.4 KB

Le Schaeferthal

C'était par une brûlante journée d'été. Un berger gardait ses brebis dans le vallon solitaire. La besogne devenait rude, car à tout instant le troupeau se débandait, et le chien lui-même, haletant, furetant, changeant de place à tout moment, ne savait plus où  se coucher pour trouver un peu de fraîcheur.

 

Exténué de fatigue, mourant de soif et se traînant à peine, le berger était arrivé près de la source où déjà le chien l'attendait, l'appelait, et semblait l'interroger de son regard suppliant. Elle était tarie ! Dans cette extrémité, n'ayant plus de secours à attendre que du ciel, il tombe à genoux, et appuyé sur sa houlette il s'adresse à Dieu. Il invoque aussi Marie, mère de Jésus, et la supplie de se joindre à lui, d'intercéder pour lui auprès de son divin fils. Celle qui par un mot de sa bouche a obtenu du seigneur le miracle de l'eau changée en vin, ne lui obtiendra-t-elle pas un peu d'eau, pour lui et pour son troupeau qui se meurt ?

 

Tout en suppliant ainsi, il sent renaître sa confiance ; quelque chose lui dit que sa prière est exaucée, et il se relève. O prodige ! Comme il retire à lui sa houlette qui s'est légèrement enfoncée sous le poids de son corps, il voit sourdre à ses pieds de l'eau, une eau claire, fraîche et abondante, qui ne cesse plus de couler.  Et tous aussitôt de se désaltérer, et le berger de rendre grâce à Dieu avec des larmes de joie et de reconnaissance.

 

Le bruit de se miracle ne tarda pas de se répandre.  Bientôt on vit une modeste chapelle s'élever près de la source, et la confiance des fidèles se voyant sans cesse récompensée par de nouvelles grâces, le sanctuaire devint un lieu de pélérinage pour les habitants du pays.

 

Abbé Charles Braun : Légendes du Florival 1866.

Image de Frédéric Sorrieu

 

 

Le Codex Guta-Sintram

 

"Guta, religieuse de l'ordre de Saint Augustin, calligraphe, vivait au milieu du XIIème siècle au petit couvent de Schwarzenthan, près de Marbach, alors que cette maison était gouvernée par la magistra sororum* Richwine. Elle est auteur d'un manuscrit, conservé à la bibliothèque du Grand Séminaire de Strasbourg, écrit à l'instar du Hortus deliciarum de Herrade de Landsperg. Ce grand volume in-folio de 282 feuillets, donne la date de 1154 : une note que porte le manuscrit dit : "Scriptum est hoc opusculum ab eadem praedicta Guta, anno ab incarnato Dei verbo MCLIV." Il a été enrichi de miniatures par un religieux de Marbach, nommé Sintram, ...

 

Ce manuscrit présente en tête une miniature qui ne laisse aucun doute sur la nationalité allemande de la religieuse qui l'a écrit ; elle y est représentée à genoux, vis-avis de l'imagier Sintram, offrant avec lui le livre, fruit de leur travail commun, à la Vierge."

 

* maîtresse des soeurs.

A. M. P. Ingold : Les Manuscrits des Anciennes Maisons Religieuses d'Alsace 1898

 

"...La singularité de ce livre tient à la double appartenance, d'une part à une communauté de chanoines réguliers, celle de Marbach, fondée en 1089 et dépendant à l'époque du diocèse de Bâle, d'autre part à une communauté de moniales vivant sous la règle Saint Augustin au couvent de Schwarzenthann non  loin du premier. Ces religieuses, bien qu'ayant à leur tête une magistra sororum, étaient administrées par un chanoine de l'établissement masculin prenant alors, le temps de cette fonction, le titre de prieur.

 

Le manuscrit repéré à la veille de la révolution française dans la bibliothèque de Marbach, était en fait conservé jusqu'au XIVème siècle chez les chanoinesses : il représentait pour elles une sorte de "somme" permettant de régler leur vie religieuse sur celle des chanoines. Plus qu'un bien commun, ce codex constitue donc un véritable trait d'union à la fois institutionnel et spirituel, entre les deux maisons. Le scribe de cet ouvrage n'est autre que Guta une moniale de Schwarzenthann, tandis que son enlumineur, nommé Sintram, fait précisément partie du petit groupe de chanoines réformés de Marbach, comme nous l'apprend le texte de la dédicace :

 

"Ce livre a été rédigé par Guta, déjà nommée, mais vermillonné et enluminé par un modeste chanoine et prêtre sans mérite de Marbach, du nom de Sintram, et mené à bonne fin"...

 

Penser en images les ordres religieux (XIIème - XVème siècles) : Dominique Donadieu-Rigaut 2005.

 

"... Sur huit feuillets d'un calendarium sont consignés de la main de Guta, moniale de Schwarzenthann, illustrés par les miniatures de Sintram, chanoine régulier de Marbach, les préceptes d'hygiène du mois lesquels, à côté d'indications concernant la diététique et la pratique de la saignée, témoignent de l'usage de vingt drogues d'origine végétale, d'une drogue d'origine animale, de huit compositions pharmaceutiques et de trois préparations diététiques ou alimentaires. 

 

Malgré le caractère assez général de ces énumérations, il n'en reste pas moins que ces renseignements paraissent fort intéressants, dans la mesure où ils permettent de compléter nos connaissances sur le mode de vie, les usages, la balnéation, la diététique, les soins aux malades et les moyens thérapeutiques dans un communauté monastique du XIIème siècle, suivant la règle de Saint Augustin, et dont l'importance, prouvée par les filiations et les Consuetudines Marbacenses, est essentielle pour les pays hauts rhénans."

 

Le Guta-Sintram de Strasbourg : revue d'histoire de la pharmacie : P. Bachoffner : 1963.

Reproduction : Sintram et Guta dédient le manuscrit à la Vierge : revue d'hidoire de la Pharmacie.

      

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