De Saint Barnabé à Buhl

Saint Barnabé - Murbach - Col de Wolfsgrube - Lautenbach-Zell - Lautenbach - Buhl - Saint Barnabé

Description de la randonnée
Départ 

Pont Saint Barnabé

Propriétés 

Distance : 13 km

Dénivelé : 500 m

Restauration :

A la Truite Lautenbach-Zell

Carte IGN : 3719 OT

Remarques 

Une randonnée à travers les forêts de

Guebwiller qui nous conduit à la

prestigieuse abbaye de Murbach et

à la Collégiale romane de Lautenbach.

La surprise du retour : le retable de Buhl ;

une merveille de l'art rhénan du XVème

siècle.

Suivre le chemin forestier qui longe l'hôtel Saint Barnabé pour s'enfoncer dans la forêt (triangle rouge) jusqu'au sentier (disque bleu) qui descend sur Murbach.

Grimper à la chapelle ND de Lorette et prendre le sentier (triangle bleu) vers le Hohrupf.

Au deuxième large chemin forestier, prendre à gauche pour se diriger vers le col de Wolfsgrube (non balisé).

NB: les plus courageux peuvent continuer le sentier pour atteindre le Hohrupf et les maigres vestiges du Château-fort qui occupait ce sommet et rejoindre ensuite le col de Wolfsgrube.

Descendre sur Lautenbach-Zell par la vallée du Wiedersbach (rectangle rouge blanc rouge).

Rejoindre par la route Lautenbach pour visiter la collégiale Saint Michel.

Revenir sur ses pas pour suivre la route vers Buhl (disque bleu) jusqu'au sentier (triangle rouge) qui descend sur Buhl.

Par le chemin qui longe le cimetière (non balisé) rejoindre Saint Barnabé.

De Saint Barnabé à Buhl.kml
Place de marché Google Earth 159.5 KB

Le culte de Saint Corneille

" ...Juché sur un petit éperon rocheux, lorsque l'on suit le sentier qui de la chapelle de Lorette conduit dans le vallon de l'Eckelsbach, à un endroit, où le chemin oblique brusquement en angle droit vers le fond de l'Eckelsbach, le petit sanctuaire était bien visible aux gens de l'extérieur, qui allaient visiter l'abbaye.

 

Aujourd'hui on reconnaît encore à peine les fondations passablement étendues du bâtiment, qui contenait entre autres trois autels, recouverts de ronces et d'épines, d'herbes et de feuilles mortes.

 

Il y a une quarantaine d'années environ, on y a déterré une belle base de colonnette, ou support de bénitier octogonal de style gothique, d'à peu près 80 cm de hauteur, dont l'une des faces est ornée de l'écusson de Murbach, le fameux lévrier. Malheureusement la colonnette était brisée en deux ; après restauration, elle est, aujourd'hui, conservée au musée de Saint Amarin. En 1513 la chapellerie de St-Corneille fut abolie par suite de difficultés financières...

 

Un événement très fatal arrivé en 1737, attire enfin notre attention sur l'un des patronats pour lequel St-Corneille est principalement honoré par la population agricole, sa protection des bêtes à cornes. Ecoutons ce que dit le dernier historien de l'abbaye à ce sujet.

 

« A la fin de l'été 1737 sévit en Haute-Alsace une épidémie bovine tellement pernicieuse, qu'en maints endroits il ne se trouvait plus aucune vache. Du cheptel murbachien installé au Mordfeld 40 bêtes tombèrent. A la suite de ce désastre, on organisa, le 4 mai 1738, une procession à la chapelle de St-Corneille, où M. le coadjuteur de l'abbé – Casimir (en religion Léger) de Rathsamhausen, nommé coadjuteur de l'abbé - commendataire François Auguste Armand Rohan-Soubise-Ventadour, le 26 août 1737, fit un magnifique sermon de circonstance.. »

 

L'année 1764 prépara l'arrêt de mort pour les petits sanctuaires qui, à la file des siècles avaient surgis peu à peu à l'ombre de l'église abbatiale. Ce fut l'année de l'établissement, par bulle pontificale, du chapitre de Murbach à Guebwiller...

 

La rumeur populaire prétend aussi que St-Corneille est aussi beaucoup sollicité par les « vieilles filles » et par les jeunes qui sont en peine de trouver un compagnon de vie....Les mauvaises langues, sans pitié, vont même jusqu'à recueillir, sur les lèvres de ces pauvresses, la prière qu'elles réciteraient à cette intention devant la statue de l'avocat céleste de Murbach. Et voici donc cette ardente supplication :

 

Hieliger Cornéli a Mann wéll i !

Ar mag hénka oder stenka,

Isch ar bucklig oder krumm,

Wenn i nur a Mann bekumm. … »

 

Annuaire de la Société d'histoire de Thann-Guebwiller : Le pape St-Corneille, sa chapelle et son pèlerinage à Murbach : J Gava : 1953-1954.

Reproduction : tableau représentant Saint Corneille : abbaye de Murbach.

Origine et rayonnement du prieuré de Lautenbach

" ...Ce sont des bénédictins du couvent de Honau, situé sur les bords du Rhin au Nord de Strasbourg, qui fondèrent au 9ème siècle, dans la haute vallée du Florival, ce monastère qui fut placé de tous temps sous le patronage de Marie mère de Dieu et de Saint Michel, en relation étroite avec Beromünster dans le pays de Lucerne.

En 1075, pendant la querelle des investitures, les troupes de Henri IV l'incendièrent et lorsqu'il fut reconstruit, après quelques années, ce sont les chanoines réguliers de Saint Augustin qui s'installèrent à Lautenbach. C'est de cette époque que datent les plus anciennes parties de la collégiale. Cent ans après, ils abandonnèrent la vie en communauté et se transformèrent en collège de chanoines séculiers jusqu'à la Révolution.

...

Le prieuré de Lautenbach créa et administra la chapelle de Saint Gangolphe près de Schweighouse dont les fresques du 15ème siècle ont été récemment restaurées par l'artiste Graff de Sélestat … Il exerçait aussi sa souveraineté sur les terres situées à gauche de la Lauch, la partie droite appartenant à l'Abbaye de Murbach, c'est à dire sur Lautenbach, Schweighouse, Linthal et Höfen. Il avait aussi des possessions et des droits dans de nombreux villages de la vallée de Soultzmatt. Les clochers de Soultzmatt, Osenbach et Wintzfelden on été influencés par l'art roman de la collégiale de Lautenbach...

Faisaient partie des chanoines, entre autres, Manegold de Lautenbach le défenseur des droits de la papauté pendant la querelle des investitures et fondateur de l'abbaye de Marbach, Georges d'Andlau fondateur et recteur de l'Université de Bâle, Pierre d'Andlau qui fut vice chancelier et professeur à la même Ecole, le chroniqueur bâlois Knebel, le vicaire Rechburger qui élabora de nouveaux statuts au 15ème siècle, Jean Meistersheim qui fut pendant la révolution l'apôtre du Florival, le chanoine Meffet qui mourut sur un ponton célèbre de La Rochelle ainsi que le chapelain Bernard un des martyrs alsaciens contemporains... "

 

 

Murbach und Lautenbach : traduction libre : P. Stinzy und Ch. Haaby.

Pour un petit fût de "Sporen"

" ...Cette œuvre du XVème siècle s'était réfugiée dans la calme solitude vosgienne à l'époque des tourments de la Grande Révolution. Plusieurs citoyens de Buhl, rentrant dans leur pays après avoir accompagné un transport militaire à Landau, passèrent par Colmar. Là, le pillage et la dévastation des églises et des couvents, se trouvaient amassés devant l'ancien monastère des Dominicains, des restes d'ameublement, des statues brisées et des panneaux arrachés de leur cadre.

Les braves voituriers, indignés de cette profanation monstrueuse, réussirent à se faire céder un retable par les gardiens peu zélés qui semblaient assister indolents à des destructions et des vols continuels ; un petit fût de « Sporen » de Riquewihr aurait représenté la rançon des panneaux qui, sous le couvert de la nuit, furent transportés à Buhl. Là, cachés dans un grenier, ils auraient attendu le moment où un développement plus favorable eût permis leur transport à l'église paroissiale.

Ce furent Joseph Clad (1757-1842), grand-père de l'abbé Clad, et son beau-frère qui auraient accompagné le transport de matériel à Landau. Stadelmann, un grand-oncle de l'évêque actuel de Strasbourg, fut selon une communication de ce prélat également du nombre des sauveteurs. Transportés à l'église, les panneaux changeant plusieurs fois de place, restèrent pourtant, grâce à l'obscurité des lieux, inconnus du grand public.... 

Les deux grandes saintes placées des deux côtés du Crucifiement nous permettent d'attribuer aux Catherinettes de Colmar le retable de Buhl. L'une des deux saintes, Ursule, portant la flèche, était particulièrement vénérée dans les deux couvents, où l'on trouvait sur les autels son image. Mais tandis que l'autel d'Unterlinden lui donnait comme pendant Sainte Marguerite, nous trouvons sur notre retable, opposée à Sainte Ursule l'image de Sainte Catherine, nettement caractérisée par les débris de la roue jetés à ses pieds : il s'agit donc sans doute de la patronne des Catherinettes. .."

 

Le Retable de Buhl : Annuaire de la Société Historique et de Littérature de Colmar : Louis Kubler : 1962.

Reproduction : détail du retable : Sainte Catherine et l'épée.

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