De Soultz à Hartmannswiller

Soultz - Jungholtz - Thierenbach - Bertschwiller - Berrwiller - Schimmelrain - Hartmannswiller - Mont Saint Georges - Soultz

Description de la randonnée
Départ 

Soultz : chemin de l'Oberer Mannberg 

Propriétés 

Distance : 15,5 km

Dénivelé :  340 m

Restauration : Au Vieil Armand à Berrwiller

Carte IGN : 3620 ET et 3719 OT

Remarques 

Une promenade sans difficulté dans le

piémont avec la découverte du lieu de

pèlerinage de Thierenbach, blotti dans

son havre de verdure, des vestiges de

la guerre 1914/18 et du village de

Hartmannswiller, son église fortifiée

et son château. 

Une grande partie du parcours se fait sur

des chemins non balisés ; la proximité 

des villages permet de se repérer aisément.

De Soultz il faut rejoindre Jungholtz par le vignoble du Mannberg. Plusieurs chemins (non balisés) sont possibles ; il est préférable de prendre un peu d'altitude vers le Mannberg pour avoir une belle vue sur Wuenheim et Jungholtz.

Traverser Jungholtz en jetant un coup d'oeil sur l'étonnant cimetière juif et rejoindre le lieu de pèlerinage de Thierenbach.

Après avoir visité la basilique de style baroque et admiré les innombrables ex-votos, rejoindre l'hôtel des Violettes et le chemin (chevallet rouge) qui passe à proximité d'un stand de tir et traverse le bois d'Ollwiller.

Vous longerez plusieurs casemates, atteindrez un chemin qui permet de descendre sur Hartmannswiller, puis, deux oratoires.

Au deuxième oratoire, descendre sur Bertschwiller en passant au-dessus des étangs (triangle rouge).

Rejoindre Berrwiller, puis par la côteaux plantés de vignes, atteindre Hartmannswiller.

Rejoindre Soultz par le Mont Saint Georges en contrebas de Wuenheim (non balisé).

De Soultz à Hartmannswiller
Soultz Hartmannswiller.kml
Place de marché Google Earth 49.2 KB

La villa romaine du Schimmelrain

"Dans l'état de culture où est aujourd'hui la colline, il nous était impossible d'en fouiller toute la superficie. Nous avons donc dû réduire nos recherches aux lieux-mêmes, où, deux ans auparavant, la charrue d'un cultivateur avait été arrêtée par un tronçon de colonne.

 

Les fouilles qu'il entreprit, lui permirent d'extraire plusieurs autres tronçons pareils, plusieurs pierres de taille qui en avaient formé la base, et le corps mutilé d'un aigle en marbre de Carrare, dont les ailes, d'après les débris conservés, avaient été déployées, et qui, d'après l'indication du fer qui l'avait retenu à la partie postérieure, avait dû appartenir à une statue, soit de Jupiter, soit de Vénus, au pied de laquelle il était posé. Les ruines que nous avons retrouvées, forment un vaste carré inégal, mesurant près de vingt mètres de long sur près de quatorze de large. Le plan des fondations ne peut laisser de doute sur la destination du bâtiment qu'elles supportaient ; elles accusent incontestablement l'existence en ce lieu d'une opulente villa.

 

L'entrée principale était à l'Est, où ont été retrouvés les tronçons des colonnes péristyle, dont les bases étaient éloignées l'une de l'autre, de deux mètres et vingt centimètres. A droite, sous le sol, à une profondeur d'environ trois mètres, nous avons retrouvé le front du mur principal, terminé au Nord par une assise en pierres de taille, avançant en saillie sur la façade principale de sept centimètres, et de soixante sur la partie nord du bâtiment. Cette forte avance, de ce côté, semblerait prouver qu'elle servait de base à un pilastre, dont nous n'avons plus cependant pu retrouver de vestiges.

Les murs extérieurs mesuraient quatre vingt quinze centimètres d'épaisseur ; ceux de l'intérieur du bâtiment en mesuraient soixante quinze en quatre vingts. Nous trouvons, comme dans plusieurs constructions de Pompeji, un long corridor, qui, à droite, présente plusieurs ramifications de murs que nous n'avons pu retrpouver sur la gauche, soit qu'en effet il n'en ait jamais existé là, soit que les propriétaires du champ en aient tout à fait anéanti les traces.

…"

Bulletin de la Société pour la conservation des monuments historiques d'Alsace : Max de Ring 1862-1863.

Les Waldner de Freundstein et le château de Hartmannswiller

"L'église, qui était fortifiée avec le cimetière, date de 1495. On y voit un tableau représentant la Sainte Vierge dû au pinceau d'un des meilleurs artistes de l'Italie ; une belle comtesse de Waldner avait posé à cet effet.

 

Les Waldner* qui étaient propriétaires de ce hameau, y possédaient un  petit château qui existe encore et qui date de l'année 1562. On y remarque une cave voûtée dont les murs, épais de 3 mètres, sont à l'épreuve de la bombe et formaient une véritable casemate dans laquelle pouvaient se retirer les habitants en cas de sinistre, et en descendant des étages supérieurs par un escalier secret qui est engagé et caché dans le mur.

 

Un lion massif en bronze doré occupait jadis le faite de cet édifice ; au temps de la révolution on voulut le descendre et l'on fit si bien qu'il s'enfonça tellement dans la vase des fossés du château qu'il fut depuis impossible de le retrouver".

 

* Waldner de Freundstein : très ancienne famille de soldats ; Louis XV accorda le titre de comte au Lieutenant Général Frédéric Dagobert de Waldner. "On trouve des Waldner à Sempach, au siège de Rhodes, sous les murs de Mézières défendu par Bayard, à Pavie, à Marienthal, à Rosbach, comme sur les champs de bataille du premier Empire" (Murbach et Guebwiller : Xavier Mossmann).

 

NB : le tableau dont il est question ne se trouve plus dans l'église. Pour plus d'informations sur la famille Waldner de Freundstein : voir le site enpassantparsoultz.fr/.

 

Statistique monumentale du canton de Soultz : Bulletin de la Société pour la Conservation des Monuments Historiques d'Alsace : 3ème volume 1858-1860.

 

"...le château est mentionné dans deux documents de 1288. Après avoir appartenu à une famille de Arthemannswiller, il était quelques années plus tard, la propriété de Thierry de Hus, qui le vendit à l'évêque de Bâle, lequel le lui rendit en fief héréditaire, selon acte du 14 juillet 1408. Le domaine passa ensuite à Viguelin de Hattstatt, puis en 1383, le château fut acquit par la famille Waldner. Il fut en partie détruit pendant la guerre de Trente Ans, mais reconstruit ultérieurement et resta, jusquà la Révolution, propriété de la branche de Sierentz de cette lignée qui le céda, vers le milieu de XIXème siècle, à M. Baumann, pépiniériste à Bollwiller.

 

Ensuite, il passa entre les mains de la famille Zeller* qui fit, à l'époque, de cette résidence, un lieu de réunion pour les érudits de la région.  Actuellement, si M. Zeller occupe toujours une partie du château, le reste des bâtiments est loué à une colonie de vacances de Seloncourt..."

 

* exploitant de la tuilerie d'Ollwiller.

NB : les propriétaires actuels sont la famille Compagne, descendants de M. Zeller.

 

Notices sur quelques châteaux et manoirs des Waldner : annuaire de la Société d'histoire de Thann Guebwiller 1965-67 : H. Brancilhon.

Reproduction : Frédéric Dagobert de Waldner de Freundstein : Musée Bucheneck.

Les ex-voto de Thierenbach

"... jetons un coup d'oeil sur les millers d'ex-voto, car milliers il y a et qui tapissent l'intérieur des murs de ce temple. Tous les accidents auxquels l'homme dans sa vie est exposé se retrouvent ici, figurés par de naïves peintures.

 

A en choisir entre mille, voici un prince de Guebwiller qui invoque l'assistance divine, voilà d'un autre côté un homme dont les mains sont chargées de fer et qui est agenouillé aux pieds de la Vierge, au fond de cette toile qui porte le millésime 1680, ont voit l'antique Soultz avec ses nombreuses églises, à droite, le couvent des capucins (l'hôpital actuel), plus haut celui de Thierbach, et enfin, dominant l'ensemble, le vieux château de Schauenbourg. Au-dessus de ce tableau sont suspendues des menottes à cadenas, couverte de rouille et de vétusté ; on les reconnait sur le champ, pour être celles qui sont aux mains du personnage mystérieux.

 

D'après la notice manuscrite de Thierbach qu'à laissée Dom Devillers, l'individu dont il s'agit se nommait Ignace Dietterlé et était natif de Saint-Hippolyte ; atteint de folie furieuse, il fut conduit enchaîné devant l'autel de la Vierge : à peine fut-il agenouillé devant l'image sacrée, que son cerveau s'éclaircit, les idées saines se formulèrent, il secoua vivement la main et ses fers en tombèrent ; puis Ignace sortit du temple possédant sa raison plénière, et il jeta ses menottes dans le puits qui l'avoisine. Elles furent retirées de l'eau, appendues dans l'église, et l'évêque de Bâle, après une enquête sur ces faits, consacra le miracle, et permit d'exposer l'ex-voto dont nous venons de faire l'historique..."

 

Revue d'Alsace 1862 : Histoire de la Ville de Soultz : Charles Knoll.

Photo : ex-voto de Thomas Dietterlé.

La mort tragique du prieur de Thierenbach

"... Le caveau qui est sous l'église fut le témoin d'un évènement bien tragique en 1753. Rupert Marloy, né à Soultz en 1697, et sous-prieur du couvent, étant mort, fut enterré dans ce souterrain.

 

Quelques mois après, et pour une cause que j'ignore, on souleva la trappe qui fermait le caveau, et un spectacle horrible s'offrit ; on vit Marloy revêtu de ses habits sacerdotaux, accroupi sur les dernières marches ascendantes de l'escalier. Enterré en état de léthargie, et revenu à lui, l'infortuné avait remonté le funeste escalier, et était venu mourir de désespoir et de faim contre la pierre qui fermait le réduit..."

 

Revue d'Alsace 1862 : Histoire de la ville de Soultz : Charles Knoll.

Petite histoire d'une niche à chien

" Le château de Weckenthal dont il ne reste plus de trace aujourd'hui, était situé sur le territoire de la commune de Berrwiller (Alsace) à une demi lieue de Wattwiller et à une lieue de Cernay.

 

Les nobles de Wattwiller qui l'avaient possédé à titre de fief relevant de l'abbaye de Murbach vendirent ce domaine à Hermann Waldner* de Freundstein qui l'offrit en fief à l'évêché de Bâle en 1457, du consentement du seigneur direct.

...

En 1521 et 1522, Anstat ou Anastase, fils de Hermann Waldner augmenta les fortifications créées par son devancier et munit les remparts de 13 pièces de canon ; c'est lui qui priva les tours de leur gracieux couronnement et qui leur donna la forme qu'indique le dessin que nous publions.

...

L'ensemble des deux étages constituait une suite de 53 pièces. Cette profusion de pièces s'explique : Anastase de Waldner qui fit reconstruire le castel, avait neuf fils et trois filles. D'ailleurs, cette famille qui a joué un rôle considérable dans l'histoire du pays avait à recevoir de nombreux hôtes avec leur suite. Tous les châteaux qu'elle possédait notamment ceux de Hartmannswiller, de Schweighausen, d'Ollwiller et de Freundstein, avaient été agrandis et modifiés : rien n'avait été négligé pour en faire à la fois une résidence confortable et un lieu de défense.

...

C'est en 1652, que fut brûlé le domaine de Weckenthal par Rheinhold de Rosen, général de l'armée du duc de Saxe-Weimar. Le château resta une ruine, et en 1718, l'Evêché de Bâle permis au comte de Waldner, son vassal, d'employer les matériaux accumulés à Weckenthal pour réédifier, dans le voisinage, son castel de Hartmannswiller.

...

Aujourd'hui une métairie et un étang recouvrent l'emplacement où fut l'antique demeure des Waldner de Freundstein, et il ne reste plus des anciens bâtiments qu'une grande niche en pierre, armoiriée, servant de gîte au chien du fermier..."

 

* Il prit part à la bataille de Saint Jacques. Charles le Téméraire le nomma lieutenant de Pierre de Hagenbach.

 

Bulletin de la société Belfortaine d'émulation : J. Dietrich : 1872-73.

Reproduction du château de Weckenthal : Bulletin de la société Belfortaine d'Emulation 1872-73.

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