Du Gaschney au Kastelberg par les Spitzkoepfe

Gaschney - Mohrenloch - Schiessrothried - Spitzkoepfe - Ammelthal - Kerbholz - Kastelberg - Hohneck - Col du Schaefferthal - Schallern - Gaschney

Description de la randonnée
Départ

Gaschney (1000m) : prendre la direction

de Munster et Metzeral. A  Muhlbach

prendre à droite la route du Gaschney.

Propriétés               

Distance : 13 à 15 km suivant les

variantes (voir fichier Earth en rouge).

Dénivelé : 730 m

Restauration : Ferme Auberge du 

Kastelbergwasen

Autres points de ravitaillement :

Ferme Auberge du Gaschney

(03 89 77 63 73)

Ferme Auberge du Schiessrothried

(03 89 77 63 63)

Hotel Auberge du Hohneck.

Carte IGN : 3618 OT

Remarques

Une très belle randonnée grâce à la

variété des paysages et aux

magnifiques points de vue.

Du Belvédère des Spitzkoepfe à

l'Ammelthal il y a quelques passages

délicats sur des moraines.

Le parcours s'adresse donc à des

randonneurs avertis et est à faire de

préférence en été par temps sec.

Emprunter le GR 531 (rectangle bleu) jusqu'au lac du Schiessrothried (939 m) en passant par le Mohrenloch.
Longer le barrage et grimper aux Spitzkoepfe (rectangle bleu)
Traverser l'Ammelthal jusqu'au Kerbholz et poursuivre jusqu'à la Ferme Auberge du Kastelbergwasen (1167 m).
Pour revenir longer la crête par le sentier des Névés (croix jaune) jusqu'au Hohneck (1349 m). Pour éviter la pente raide audépart du Kastelbergwasen, suivre le chemin (rectangle bleu) qui rejoint le sentier des Névés (croix jaune).
Descendre sur le col du Schaefferthal (rectangle rouge 1229 m).
Descendre sur le Gaschney en passant soit par Schallern (triangle rouge) soit par la Ferme Auberge du Schiessroth (rectangle rouge puis rectangle rouge blanc rouge).

Du Gaschney au Kastelberg par les Spitzk
Place de marché Google Earth 193.4 KB

Le Schiessrothried et les réservoirs de la Fecht

  "...En 1875, la question des réservoirs des Vosges fut de nouveau soulevée et mise à l'étude. Combattue par les agriculteurs qui pratiquent la maxime : "Timeo Danaos et dona ferentes", énergiquement soutenue par les usiniers, elle ne tarda pas à entrer dans la période d'exécution. Pour ce qui concerne la vallée de Munster, ce sont les efforts persévérants du regretté député de Colmar, feu Ch. Grad, qui ont en grande partie, contribué à ce résultat. Un traité fut passé, en 1882 et 1883, avec les industriels de la vallée, qui s'engagèrent à donner à l'oeuvre une subvention de 100 000 marcs. Le restant des frais a été supporté par le pays ; les travaux ont été exécutés par l'Etat.

 

La Délégation vota les sommes nécessaires ; au budget de 1885 figure le premier acompte. Les travaux de la Fecht sont inaugurés le 29 mai 1889. Ils sont menés à bonne fin dans l'hiver 1891-1892 ; les réservoirs fonctionnent dès ce moment. ...

 

Premier réservoir : Altenweiher, sur les flancs du Kolbenwasen, à 920 mètres d'altitude : contenance 725 000 mètres cubes, ayant coûté 269 111 M 84 Pf.

Deuxième réservoir : Schiessrothried, 325 000 mètres cubes. Il a coûté 146 185 M 12 Pf. Je vous dois, à son sujet quelques détails. Situé au pied du Hohneck et des Spitzenköpfe, à la cote 920 mètres, dans la vallée de la Wurmsa, il reçoit les eaux d'un cirque de 124 hectares. Lorsqu'il est à son niveau maximum, sa surface est de 5 hectares 6 ares, sa profondeur de 11m50. La digue qui le clôt en aval, d'une longueur de 150 m environ, a une hauteur verticale de 12m50 jusqu'au plafond du déversoir. Le noyau central de cette digue est formé de sable tassé, recouvert, du côté du lac, d'une couche de béton de chaux hydraulique de 3 mètres d'épaisseur, armée elle-même d'un mur cimenté de 80 d'abord, puis de 60 et 50 centimètres. Vers la vallée, le remblai est arc-bouté par un empierrement de gros blocs de maçonnerie sèche non équarrie (mur cyclopéen). La digue a, à sa base, de 40 à 50 mètres d'épaisseur. ....

 

Dans la petite vallée, on s'est contenté de restaurer le Forellenweiher et le lac de Daren, alimentant tous deux le Kleinthalbach..."

 

Société des sciences, agriculture et arts du département du Bas-Rhin Bulletin 1894.

 

La charbonnière du Hohneck

"Le jour où les Cosaques frappérent â la cabane de Nicolas Didier, le charbonnier du Hohneck, il n’y' avait au logis que sa vieille mére et ses trois enfants: Didier et sa femme étaient allés, leur hotte aux épaules, par des sentiers secrets, chercher des provisions à Longemer.

 

Ayant vu venir de loin le détachement cosaque, silhouettes gigantesques sur les chaumes enneigées, la mère Didier, pour préserver la pauvre demeure d’étre mise à sac, voulut employer un stratagème qui, disait-on, avait réussi quelquefois. Elle fit grimper l’ainé de ses petits-enfants aux saillies intérieures de la cheminée ; la mince ouverture qui laissait échapper la fumée au dehors fut bouchée avec soin. Puis des fagots mouillés furent entassés sur les tisons de l’âtre ; et quand le chef du détachement ouvrit la porte·d’un coup de pied, un brouillard âcre et roux emplissait cuisine et corridor.

 

De la chambre haute où la mère Didier s’était réfugiée avec les petits, elle entendit les jurons et les cris des soldats, le bruit de voix qui discutent. Puis il lui sembla qu’on remontait à cheval. Mais quand la pauvre vieille, ouvrant la porte avec précaution, tenta de redescendre, c’étaît une fumée d’incendie, et non plus la lourde vapeur des branches trop vertes, qui se répandait dans la maison.

 

Les Cosaques, furieux, avaient éparpillé les tisons du foyer et avaient jeté par dessus les débris du pauvre mobilier et la provision de charbon ; et les flammes entamaient déjà les cloisons. Alors, entrainant après elle les petits affolés, la mère Didier se précipita, dégringola l’escalier, traversa la cuisine et s’élança au dehors. Elle portait sur un bras la fillette et tenait la main du plus petit garçon, tandis que l'autre s’accrochait à ses jupes. Mais le groupe épouvanté avait à peine paru sur les marches du seuil, que des coups de feu retentirent.

 

Du chemin en lacets par où ils descendaient, les Cosaques guettaient cette cible vivante, et leur décharge coucha en travers des marches la vieille et les trois enfants, le petit garçon tenant toujours, dans ses doigts crispés, le pli de la jupe de la grand’mère.

 

Quand Nicolas Didier et sa femme, rentrant à la nuit tombante, trouvèrent les quatre cadavres sur le seuil de leur cabane incendiée, peu s’en fallut que l'homme ne prit le vieux fusil dont il s'était muni et ne le tournât contre lui-méme.

 

— Ah ! les brutes, répétait-il, les dents serrées ; ah les brutes !

Quant à sa femme, une sèche et dure montagnarde, l’échine roide et les prunelles sans éclat, sa douleur était plus silencieuse encore. Elle rangea les cadavres des enfants à côté du corps de la vieille, qui, dans la mort, semblait à peine plus grande qu’eux ; elle prit dans sa hotte une toile qui y était pliée et l‘étendit sur les quatre visages qui gardaient l'hébétude et les yeux grands ouverts d'un suprême effroi. Puis, se relevant, elle tendit le poing vers la forêt profonde et silencieuse sous la neige et le gris du ciel. Didier vérifiait sa vieille arme ; quand elle le vit sortir de la poche de son tricot sa poire à poudre, la femme lui dit :

—-Où que tu veux aller, Didier ?

— Faire leur affaire à ces brutes-là, bien sûr ; et tant pis si j'y reste.

— Laisse-moi faire plutôt ; pour un ou deux que t’en démonterais, qu’est-ce que t’en aurais de plus ?

 

Elle reprit sa hotte, et, un peu courbée en avant, elle s’en alla, du même pas tranquille qu’elle était venue tout à l`heure, vers la forêt, dans la direction qu’avaient prise les Cosaques. Didier la suivait du regard, effondré sur la pierre plate qui, devant la maisonnette, servait de banc. ll vit sa femme, mince silhouette noire dans la nuit neigeuse et blafarde, s’arréter sous les premiers arbres du bois, gratter la terre par places et jeter dans sa hotte, par dessus son épaule, ce qu’elle déterrait : c’étaît l’endroit où des plants d’aconit, à la fin de l’été, révélaient leurs racines vénéneuses par toute une floraison de grappes violacées et luisantes.

 

Le lendemain, au petit jour, Didier, qui avait passé la nuit dans un hallier épargné par l’încendie, où, resté seul, il avait transporté ses chers morts, fut éveillé par la voix de sa femme. Penchée sur les petits cadavres, elle marmottait, avec des prières, des paroles hâtives et sourdes. Elle dit à son mari de venir avec elle ; en chemin, elle lui raconta ce qu’elle avait fait, d’une voix à peine émue, et sans que le souvenir de sa vengeance mit une lueur dans ses yeux gris.

 

Elle s’était approchée, sa hotte au dos, du poste cosaque, et, affectant une grande crainte, elle s’était fait arréter par la sentinelle. On l’avait poussée dans la salle de ferme où les soldats installés préparaient leur repas du soir : s'étant offerte à servir de vivandière à la troupe affamée, elle s'était laissé dépouiller de ses légumes au profit de la marmite commune. Mais les racines d’aconit y avaient rejoint ses pommes de terre soigneusement pelées, ses choux et ses carottes. Et longuement, posément, avec une conscience de ménagère qui trempe la soupe pour ses hommes, sans trahir par un geste son secret de haine et de mort, elle avait vaqué à sa sinistre besogne, s’ingéniant à rendre plus appétissante la décoction qu’elle allait servir tout à l’heure aux meurtriers de ses enfants.

 

Puis elle avait fait la part de chacun, et, pour être sùre que la sentinelle ne serait pas oubliée, elle était allée elle-méme, avec un petit pot, lui porter à manger : le chef du détachement, amusé par cette bonne femme si active et si discrète, l'avait autorisée d’un signe.

« Celui-là qui était dehors ne voulait pas enlever ses gros gants, dit-elle à son mari ; alors comme il ne pouvait pas tenir la cuiller avec, ça été moi qui lui a donné sa soupe, à la becquée. Et il riait dans sa barbe, et il faisait claquer sa langue, fallait voir. ll n’en a pas perdu une goutte, je te le promets ! ».

 

Elle avait rangé sa vaisselle, ensuite, et s’était cachée quelque temps dans une soupente, d’où elle avait gagné le large quand l’efiet du poison avait commencé à se manifester. Et avant d’aller chercher son mari, elle était revenue à pas de loup, s’assurer que tout était fini.

 

Ils trouvèrent en effet, dans la salle de la ferme, vingt-deux cadavres. Des grimaces douloureuses contorsionnaient les visages; des gestes de souffrance crispaient les mains. Un petit chien abandonné hurlait à la mort dans la cour. Didier, machinalement, souleva sa casquette et dit: ça ne nous rend pas nos râces ; mais n’empêche que c’est de la belle ouvrage."

 

Le Pays Lorrain : Fernand BALDENNE 1904.

Photo : aconit : Benoît Deniaud.

 

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